La maison Rodolphe-Audette à Lévis

Maison Rodolphe-Audette: la ministre de la Culture n’agira pas

Parce qu’«on ne peut pas tout sauver», la ministre de la Culture Nathalie Roy laissera la Ville de Lévis démolir la maison Rodolphe-Audette, tel qu’annoncé lundi soir.

«L’état de délabrement, la dangerosité et la vétusté de la maison justifient la décision qui a été prise», indique la ministre. Se fiant sur l’expertise du Conseil du patrimoine culturel du Québec, la ministre indique que la valeur de cette maison a été étudiée et n’a jamais fait l’objet d’une demande de classement. 

Mme Roy souligne que son ministère reçoit des centaines de demandes de protection de bâtiments patrimoniaux chaque semaine et que ceux-ci ne pourront pas tous avoir le même statut. «Je suis très sensible à l’architecture et au patrimoine, mais on ne peut pas tout protéger, tout payer, et offrir le même niveau de protection à tous les édifices à partir du moment où ils ont 100 ans. Il faut faire des choix.»

La ministre dit comprendre «la tristesse de certains citoyens», mais dit agir avec rigueur. Elle se questionne toutefois sur ce que le gouvernement pourrait faire pour empêcher des propriétaires privés de laisser de tels bâtiments à l’abandon. «Il y a une problématique de gens qui font exprès de laisser aller les choses, parce qu’ils veulent récupérer le terrain. Jusqu’où pourrait-on aller pour les en empêcher? Je crois que le gouvernement a à se pencher là-dessus.»

La maison Rodolphe-Audette, située sur la rue Saint-Laurent, a été construite en 1910 et est abandonnée depuis 1998. Des citoyens se sont mobilisés pour la sauver depuis quatre ans, sans succès. 

Château Beauce

Cette décision de la ministre Nathalie Roy contraste avec celle prise il y a quelques jours dans le dossier du Château Beauce, situé à Sainte-Marie. Cette maison, dont la Ville de Sainte-Marie avait autorisé la démolition pour faire place à une résidence pour personnes âgées, est en bien meilleur état. «On n’est pas du tout dans les mêmes registres», indique la ministre. 

Le jour de son assermentation, la ministre avait publié un avis de classement pour empêcher la démolition de ce bâtiment construit en 1903 et conçu par l’architecte Jean-Omer Marchand, qui a aussi contribué à la conception du parlement d’Ottawa. 

«Dans ce cas-ci, l’intérieur du bâtiment est en très bon état. Il y a des colonnes, des salons d’époque très bien conservés», explique la ministre. L’avis de classement donne 90 jours au Conseil du patrimoine culturel du Québec pour étudier le dossier et rendre sa décision.