La maison où a été élevé René Lévesque présente un état de délabrement avancé, comme on pouvait le voir à la mi-mai, mais le processus d’expropriation est en cours.

Maison de René Lévesque: le processus d’expropriation progresse lentement

NEW CARLISLE — Le processus d’expropriation de la maison de René Lévesque progresse, mais lentement. Le ministère de la Culture et des Communications a confié le mandat d’expropriation de la demeure de New Carlisle au ministère québécois des Transports.

Il y a maintenant neuf mois que l’ex-ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin écrivait qu’en raison de l’absence d’une négociation directe avec le propriétaire, il enclenchait dès lors, le 20 septembre, le processus d’expropriation tel que le lui permettait la loi. 

Cette lettre en suivait un autre, du 4 août 2017, également envoyée au propriétaire de la maison, Denis Cloutier, l’enjoignant d’entrer en contact avec lui afin de respecter les conditions d’entretien conférées à la demeure du 16, Mount Sorel, à New Carlisle, en raison de son classement en 1995 comme monument historique, d’où la référence légale du ministre.

Selon ce qu’a appris Le Soleil, le ministère de la Culture, bien qu’habilité à enclencher une expropriation, confie la tâche aux Transports parce que c’est ce ministère qui possède l’expertise en la matière, en raison notamment de la pluralité des cas lors de construction routière.

C’est la première fois depuis l’adoption en 2012 de la «loi sur le patrimoine culturel» que le ministère se sert de son pouvoir d’expropriation.

Ce lent progrès survient au moment où l’Espace René-Lévesque a ouvert officiellement ses portes, mardi à New Carlisle, 18 jours après l’ouverture au public. Le premier ministre Philippe Couillard, et trois ministres, Pierre Moreau, en tant que responsable de la Gaspésie, Marie Montpetit, de la Culture et des Communications et Julie Boulet, du Tourisme, y ont été invités. M. Couillard a indiqué ne pouvoir y assister, mais les autres ministres n’ont pas donné suite à l’invitation.

L’Espace René-Lévesque est situé à environ 300 mètres de la maison où a été élevé l’ex-premier ministre du Québec. C’est un lieu d’interprétation comptant des stations extérieures évoquant les faits marquants de la vie de M. Lévesque. À l’origine, c’est cette maison qui était convoitée comme lieu de commémoration par la Fondation de la maison René-Lévesque, gestionnaire de l’Espace.

Un vaste groupe de contemporains de l’ex-premier ministre du Québec ont pris part à l’inauguration officielle, notamment Marc-André Bédard, Louis Bernard, Pauline Marois, Suzanne Lévesque, fille de René et son ex-chef de cabinet, Jean-Roch Boivin. Pierre Karl Péladeau et Jean-François Lisée, notamment, y ont aussi assisté.

L’intégration de la maison de la René Lévesque à l’Espace du même nom, «n’est pas dans les cartons», signale Jean-Roch Boivin, membre de la Fondation. «Si jamais notre fondation venait à avoir les moyens, ce serait bien d’intégrer la maison, mais nous n’en sommes pas là».

Dans un contexte idéal, ce serait le ministère de la Culture qui donnerait ces moyens à la fondation, note M. Boivin, à l’instar de ses collègues. C’est d’autant plus plausible que le ministère ne gère pas de parc immobilier. Il est acquis qu’il cherchera un nouveau propriétaire après l’expropriation.

La maison nécessitera des rénovations de plusieurs centaines de milliers de dollars quand l’expropriation aboutira. Le processus peut être écourté à tout moment par une négociation de gré à gré entre l’État et le propriétaire.