Un groupe de bénévoles tient à bout de bras un point de dépôt où les «valoristes», les récupérateurs de contenants consignés, peuvent rapporter leurs sacs pleins sans avoir l’impression de dérange. Étienne Ferron-Forget, citoyen bénévole, Serge Williams, de Williams Environnement, qui fournit le véhicule, Bernard St-Gelais, bénévole, Pierre-Luc Lachance, conseiller municipal et Damien Morneau, bénévole du Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste, participent au projet.

Lutter contre les préjugés une cannette à la fois

Après un essai concluant d’une journée l’an dernier, un groupe de bénévoles tient à bout de bras un point de dépôt où les «valoristes» — les récupérateurs de contenants consignés — peuvent rapporter leurs sacs pleins sans avoir l’impression de déranger. Les dimanches matin de l’été, ils seront postés sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans Saint-Roch.

«Les valoristes subissent des préjugés», avance la coordonnatrice du projet et présidente du conseil de quartier, Véronique Chabot. Pourtant, enchaîne-t-elle, ils nettoient la cité sans réclamer salaire et détournent de l’incinérateur des ressources précieuses. «Jeter vos contenants, c’est comme jeter de l’argent. C’est juste normal que des gens dans le besoin veuillent aller le chercher.»

Cependant, une fois la collecte de rue terminée, il serait parfois ardu de «vendre» la cargaison aux commerces. Bien que ceux-ci reçoivent 2 cents par cannette ou bouteille pour la manutention, certains n’apprécieraient pas les grands volumes, au dire de Mme Chabot.

D’où l’idée du centre de collecte destiné uniquement à la réception et au décompte de la précieuse marchandise. Une idée importée de Montréal où les valoristes sont reçus sous le pont Jacques-Cartier.

Voilà déjà deux fins de semaine que les bénévoles s’installent sur le boulevard Charest entre 8h et 11h. Chaque fois, sans grande publicité, ils auraient reçu environ 6000 contenants consignés. Quelques centaines de dollars donc que Mme Chabot avance elle-même avant d’être remboursée par un épicier du coin, content que le tri des matières soit fait par les bénévoles.

Ouvrir les cœurs

Outre l’accueil souriant offert aux personnes — surtout des hommes — qui arpentent les rues à la recherche de nos rejets à monétiser, Mme Chabot espère que le projet permettra d’ouvrir les yeux et les cœurs. «Au départ, j’avais aussi des préjugés», avoue-t-elle. «On est loin de la réalité de ces gens-là. […] Monter le projet m’a fait grandir. Maintenant, je ne suis plus gênée.»

Plutôt que de leur crier de se trouver un «vrai travail» ou de les forcer à vider les poubelles pour dénicher les cannettes, pourquoi ne pas les déposer dans un sac à côté, suggère la résidente de la Basse-Ville.

Le dépôt des valoristes sera donc de retour tous les matinées du dimanche dans Saint-Roch jusqu’à la fin août. Il y aura également deux collectes spéciales les samedis du Festival d’été, entre 8h et 11h dans le stationnement de la caisse populaire de la rue Saint-Jean, dans Saint-Jean-Baptiste. Mme Chabot espère maintenant que le bouche-à-oreille attirera la «clientèle»