Selon les chercheurs, les méthodes d'enseignement pourraient jouer un rôle important pour prévenir l'intimidation chez les jeunes.

Lutte tous azimuts contre l'intimidation

Un an après le Forum sur la lutte contre l'intimidation, les élus québécois ont livré mercredi un plan d'action qui embrasse large, très large...
Tel que révélé par Le Soleil lundi, le document déposé est le fruit d'une rare collaboration entre les partis politiques présents à l'Assemblée nationale. Le premier ministre libéral Philippe Couillard était d'ailleurs accompagné de représentants du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire durant la conférence de presse.
Et ils voient grand, les députés québécois : outre les nombreuses organisations civiles impliquées dans le combat contre l'intimidation, 16 ministères et organismes devront mettre la main à la pâte.
Le mandat est vaste. Une cinquantaine d'«orientations» sont proposées. Il est question de lancer une campagne de sensibilisation au civisme pour toute la population, d'éduquer les petits dès la garderie, de valoriser l'esprit sportif, d'outiller le citoyen à faire face au phénomène, de mettre fin aux dérapages sur le Web, de faciliter la dénonciation, de soutenir le milieu de l'éducation, de freiner les attaques contre les aînés, de valoriser le potentiel des personnes handicapées, de rendre les parents courtois dans les gradins des arénas...
Beaucoup d'intervenants
Beaucoup, beaucoup d'intervenants sont conviés à prendre part au combat : les travailleurs des garderies, les professeurs, les équipes sportives, les médias, les parents, les enfants, les grands-parents, les ministères, le «grand public», les conseils de bande, les municipalités, les MRC, les ordres professionnels, les établissements d'enseignement, les corps policiers, les bénévoles, le personnel de la santé, les organismes communautaires, les associations étudiantes, les fournisseurs Internet, les chercheurs universitaires...
Le gouvernement a déjà annoncé, dans le dernier budget, qu'il allouera 4,4 millions $ d'ici 2018 pour la lutte contre l'intimidation. Les élus escomptent donc atteindre leurs nombreux objectifs d'ici 2018.
«L'intimidation est un sujet qui nous touche toutes et tous, qu'on soit à l'école, dans notre milieu de travail, dans notre vie quotidienne, sur Internet, personne n'est à l'abri de l'intimidation, et ses effets néfastes ne doivent pas rester ignorés», a plaidé Philippe Couillard.
La ministre responsable du dossier, Francine Charbonneau, convient néanmoins que «ce projet est ambitieux». Elle espère donc un effet «boule de neige», que la société civile emboîtera le pas.
Pour l'anecdote, soulignons que le point de presse tenu dans le hall de l'Assemblée nationale mercredi était pour le moins particulier : des cloches sonnaient durant les allocutions et un chien a jappé abondamment au cours de la période des questions.