Le candidat Patrick Paquet entouré des élus de Québec 21 Stevens Mélançon et Jean-François Gosselin lors du cocktail de financement du parti, jeudi soir, au Plaza Hôtel Québec.

Lutte électorale sans Démocratie Québec dans Neufchâtel-Lebourgneuf

Démocratie Québec (DQ) ne présentera aucun candidat à l’élection partielle du 9 décembre dans le district Neufchâtel-Lebourgneuf.

Le parti représenté par un seul conseiller élu à l’hôtel de ville de Québec en a fait l’annonce jeudi. «Le conseil d’administration de DQ a décidé de ne pas participer à cette élection partielle. Nous faisons le choix de consacrer nos énergies à rebâtir le parti. Il est essentiel que DQ soit prêt pour l’échéance électorale de 2021. C’est notre priorité», a fait savoir le président de la formation, Pierre Aubé, par voie de communiqué.

Ce dernier avait lui-même subi la défaite dans ce district lors des élections de 2017. Le conseiller démissionnaire d’Équipe Labeaume, Jonatan Julien, avait facilement remporté la victoire avec 55 % des votes. Il avait été suivi du candidat de Québec 21 (QC21), qui avait récolté 32,8 % du scrutin. M. Aubé avait terminé en troisième position avec un maigre 9,4 % des voix.

Au téléphone, M. Aubé précise que la défection de DQ à l’élection partielle repose sur plusieurs facteurs, dont la situation financière plus difficile du parti en cette année postélectorale.

«Nous avons besoin de 15 % des voix pour nous faire rembourser les dépenses électorales. En regard du résultat de l’élection de 2017 et de la certaine notoriété du candidat de QC21, il y avait un risque.»

Si l’élection avait eu lieu un peu plus tard, comme en janvier, peut-être aurait-il lui-même posé sa candidature. «Ce n’est pas par manque d’intérêt que je ne me présente pas. Je ne peux y aller pour des raisons professionnelles. C’est un peu trop rapide», explique-t-il encore, soulignant que DQ s’était aussi imposé la condition de présenter un candidat local.

Les deux candidats déjà connus joueront assurément la carte de l’appartenance et de la connaissance des dossiers et enjeux du secteur. 

Équipe Labeaume a annoncé la première le choix de son représentant. Il s’agit de Dominique Turgeon, une entrepreneure, propriétaire du café-boulangerie Les Moulins La Fayette. La candidate vit dans Lebourg­neuf depuis 20 ans. C’est sa première expérience en politique municipale.

QC21 présente contre elle Patrick Paquet, un candidat qui habite aussi dans le district. Il y a même été conseiller pendant deux mandats alors que le district s’appelait Neufchâtel avant sa reconfiguration. M. Paquet avait été élu une première fois en 2005 avec le Renouveau municipal de Québec, puis en 2009 sous la bannière d’Équipe Labeaume. Il avait quitté le parti en 2012 parce qu’il se sentait muselé dans ses opinions. Il avait perdu en 2013 aux mains de Jonatan Julien d’Équipe Labeaume.

La période de mise en candidature pour la partielle s’ouvre le vendredi 26 octobre, et se terminera le 9 novembre.

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Le candidat de Québec 21 confiant de l’emporter

Le candidat de Québec 21 à l’élection partielle du district Neufchâtel-Lebourgneuf, Patrick Paquet, se dit confiant de ravir le siège à Équipe Labeaume.

L’élection qui aura lieu le 9 décembre pour combler le siège laissé vide par Jonatan Julien, maintenant député de Charlesbourg et ministre du gouvernement Legault, va se jouer sans Démocratie Québec, qui a décidé de ne pas présenter de candidat.

«On ne s’attend pas à aller chercher tous les votes de Démocratie Québec, mais le signal qu’on veut envoyer à la population, c’est qu’on veut s’occuper des enjeux majeurs comme la bonification des services aux citoyens alors que M. Labeaume est en train de tout centraliser», a expliqué Patrick Paquet en marge du cocktail de financement de QC21, jeudi soir, au Plaza Hôtel Québec.

En 2017, QC21 avait obtenu 32,4 % des voix contre 55 % pour Équipe Labeaume. Cette fois-ci, M. Paquet est persuadé que les gens choisiront le candidat qui tiendra tête au maire de Québec dans les dossiers. «Les gens ont voté pour Jonatan Julien, parce qu’il a fait avancer des dossiers. Il a gardé la même ligne que moi, les besoins des citoyens. Mais lorsqu’il a claqué la porte par manque de respect du maire, les gens ont été très fâchés contre M. Labeaume. Ça va se ressentir dans le vote.»

Proche des citoyens

Le candidat de QC21 n’est pas un inconnu des électeurs. Élu une première fois en 2005 puis en 2009 sous la bannière Équipe Labeaume, il avait quitté le parti en 2012 pour siéger comme indépendant, en dénonçant les pratiques autoritaires de Régis Labeaume. En 2013, il s’était présenté avec Démocratie Québec, mais il avait été battu par Jonatan Julien.

M. Paquet a choisi QC21 parce qu’il représente le mieux à ses yeux les intérêts des résidents et il souhaite continuer le travail accompli. «Madame Boucher me disait : “Patrick, rends-toi indispensable auprès de tes citoyens, sois près d’eux et donne-leur un bon service. […]” Même si j’ai été battu en 2013, j’ai une base d’électeurs qui va voter pour moi, quelle que soit l’allégeance politique», a-t-il confié.

Il affrontera Dominique Turgeon, une entrepreneure, propriétaire du café-boulangerie Les Moulins La Fayette.

Objectif financier atteint 

Le parti de Jean-François Gosselin a récolté 14 700 $ lors de son premier cocktail de financement post-élection. 

Même si QC21 se trouve loin derrière Équipe Labeaume, qui a récolté 50 000 $ lors de sa soirée de financement, le 17 octobre, M. Gosselin estime avoir atteint l’objectif fixé.

«On avait un objectif de 75 à 100 personnes et finalement on est rendu à presque 150 personnes. On est très content et avec la campagne électorale qui s’amorce, ça va permettre de renflouer les coffres et de faire une belle campagne», a-t-il souligné.

Selon M. Gosselin, le parti n’a pas de dette à part les 9000 $ de frais d’avocats dus au recomptage des votes dans le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux, qui n’est pas remboursable. «On rembourse avec les contributions et pour le reste les finances vont bien. On avait dépensé 85 000 $ pour l’élection, dont 70 % des dépenses admissibles ont été remboursées, et on avait réussi à faire du financement, donc on avait un surplus.»

Le chef de QC21 sait qu’il a encore beaucoup de travail à accomplir pour se faire connaître et rivaliser d’égal à égal avec le maire de Québec. Il promet déjà de ne pas dépasser deux mandats s’il est élu en 2021.  Avec Céline Fabriès