La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a présenté jeudi les grandes lignes de la rentrée d’automne qui se déroulera en mode COVID.
La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a présenté jeudi les grandes lignes de la rentrée d’automne qui se déroulera en mode COVID.

L’Université Laval aura un campus transformé pour la rentrée [VIDÉO]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
L’Université Laval s’attend à «des baisses d’effectifs globaux» du nombre d’étudiants pour la rentrée d’automne, alors que la vie sur le campus sera radicalement transformée par les mesures sanitaires mises en place pour juguler la pandémie. Environ 10 % des étudiants étrangers ne seraient pas de retour, selon des chiffres dévoilés par la direction.

Lors d’une conférence de presse visant à tracer les grandes lignes du plan élaboré pour cette rentrée «pas comme les autres», prévue pour le 31 août, la rectrice Sophie D’Amours ne s’est pas dite inquiète outre mesure de ces statistiques puisqu’elles demeurent préliminaires. «Nous projetons une augmentation de 3 à 4 % d’étudiants qui viennent des cégeps, par rapport à l’an dernier. Ça nous rassure et ça (signifie) que plusieurs jeunes n’ont pas décroché de leurs rêves malgré le contexte.»

À l’inverse, la baisse du nombre d’étudiants étrangers, causée par les déplacements plus difficiles entre les pays et la difficulté à obtenir des visas, contribue à faire planer un nuage plus sombre. «C’est la grande question, le point d’interrogation. On anticipe des réductions qui pourraient être de l’ordre de 10 %. Cet été, la réduction a été importante. Les étudiants au doctorat ont été nombreux à ne pas revenir.»

Seulement 30 % de places

Dans un souci d’assurer la réussite des étudiants, l’Université Laval a déployé un plan pédagogique «flexible» à travers six formules d’enseignement, en présence et à distance, adaptées aux besoins de chacun. Distanciation oblige, seulement 30 % des 11 000 places que comptent les 263 salles de classe de l’université pourront être occupées physiquement.

«Nous trouvons important que le plus grand nombre possible d’étudiants aient la chance de venir sur le campus, à un moment ou à un autre, souligne Mme D’Amours. Nous avons misé sur des approches diversifiées pour s’adapter aux différents types de cours et dans le respect des besoins pédagogiques. […] Nos étudiants vont devoir continuer à s’adapter. C’est une réalité qui est vraie partout.»

Comme c’est le cas ailleurs, l’Université Laval a échafaudé un plan sanitaire, sous l’égide du vice-recteur adjoint à l’administration, René Lacroix, que chaque étudiant devra respecter. Le port du masque sera obligatoire lors des déplacements dans les pavillons, mais pourra être retiré une fois en classe. L’étudiant devra désinfecter lui-même la place où il compte s’asseoir (marquée d’une pastille verte). Une distance d’un 1,50 m le séparera de son voisin.

Chaque étudiant recevra une trousse renfermant deux masques, du gel antiseptique, une bouteille de désinfectant et des lingettes.

En cas d’éclosion du virus, «chaque situation sera traitée avec l’Institut national de santé publique», a mentionné la rectrice, qui s’est dite pleinement satisfaite de ses échanges à ce sujet avec la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, qu’elle a rencontrée à son retour de vacances.

«Les processus et les responsabilités sont clairs. On sent qu’on a beaucoup d’appuis de la ministre. Elle a été très rapide et très présente.»

Pas de grands partys

Par ailleurs, les journées d’intégration et d’initiation des nouveaux étudiants, moments forts de la vie automnale de tout campus universitaire, se dérouleront de façon différente cette année, «tout en douceur et par étapes», a-t-elle indiqué.

«Le premier contact avec l’université va être un peu plus sérieux que d’habitude. L’intégration va prendre plus de temps et va être différente. On ne fera pas ce qu’on faisait en deux jours ou une semaine. Il n’y aura pas de grands partys sur le campus, on s’entend. On ne peut pas le faire et on ne le fera pas», a ajouté Mme D’Amours, confiante de la collaboration de tous les étudiants.

Les associations étudiantes ont été mises dans le coup, a-t-elle ajouté, précisant que le traditionnel spectacle de la rentrée est en préparation.

«Je ne peux pas vous exprimer comment j’ai hâte de voir des étudiants sur le campus...», lance Mme D’Amours.

Rouge et Or

Présente à la conférence de presse, la directrice du Service des activités sportives de l’Université Laval, Julie Dionne, a mentionné pour sa part que les discussions se poursuivaient sur le retour au jeu des différentes équipes du Rouge & Or.

«Une décision sera prise d’ici la rentrée scolaire. L’Université Laval a toujours été très optimiste pour la relance du sport. Chaque université a ses enjeux.»