Luc Joli-Cœur le candidat du Parti vert du Canada dans Québec, a travaillé auprès de la ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais de 1994 à 1997 et plus récemment, durant l’année et demie de gouvernement minoritaire du Parti québécois, au cabinet du ministre des Finances Nicolas Marceau.

Luc Joli-Cœur passe du PQ aux Verts

Ancien membre de cabinets ministériels du Parti québécois (PQ), Luc Joli-Cœur n’a pas l’impression de trahir la famille en se présentant aux élections fédérales pour le Parti vert, dans la circonscription de Québec.

Même pas sa famille au sens propre. Bien que ses oncles Jacques et André Joli-Cœur aient navigué dans les hautes sphères du Parti québécois dans les années 80, 90 et même 2000. En outre, André a été candidat du PQ dans Louis-Hébert en 2007 et Jacques, maire suppléant de Québec de 2002 à 2009.

«On se parle souvent. On soupe même ensemble ce soir!» s’esclaffe Luc Joli-Cœur à propos de son oncle André, comme quoi personne ne l’a encore renié.

Quant à son arbre généalogique politique, le candidat du Parti vert du Canada a travaillé auprès de la ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais de 1994 à 1997 et plus récemment, durant l’année et demie de gouvernement minoritaire du PQ, au cabinet du ministre des Finances Nicolas Marceau. Un ami de l’école secondaire.

«Je ne trahis personne. La pollution ne s’arrête pas à la frontière! La priorité des Québécois, ce n’est pas la souveraineté, mais l’environnement. Dans 10, 15 ans, on verra! Mais il faut écouter la population et la science, qui nous disent que l’environnement est la priorité», a martelé l’homme de 55 ans, rencontré mercredi dans un café du quartier Saint-Jean-Baptiste

Économiste de formation, il a surtout fait carrière comme cadre dans la fonction publique. Depuis 2014 au ministère des Finances, ce qui l’a amené à s’installer à Québec il y a trois ans. Il arrive toutefois au terme d’une année sans solde au cours de laquelle il a épaulé sa femme dans son entreprise de produits biologiques.

On imagine quand même plus naturellement Luc Joli-Cœur au Bloc québécois. «Le Bloc ne propose rien de concret en environnement», rétorque-t-il. «Et le Parti vert jouera un rôle-clé au sein d’un gouvernement minoritaire, ce n’est pas le Bloc qui aura la balance du pouvoir.»

Sur les traces de Dorion

Luc Joli-Cœur est un gars de chiffres. Né d’une mère qui travaillait en informatique et d’un père actuaire, il a grandi dans les chiffres et en a fait aussi carrière. Il aime compter.

Et selon ses calculs, il a de réelles chances de l’emporter dans la circonscription de Québec, qui comprend la Haute-Ville, la Basse-Ville et la partie sud de l’arrondissement Les Rivières. Même s’il y affronte deux poids lourds : le ministre libéral Jean-Yves Duclos et celle qui a été députée du comté de 1993 à 2011, gagnante de six élections, Christiane Gagnon, de retour pour le Bloc québécois.



« Je ne trahis personne. La pollution ne s’arrête pas à la frontière! La priorité des Québécois, ce n’est pas la souveraineté, mais l’environnement. Dans 10, 15 ans, on verra! »
Luc Joli-Cœur, candidat du Parti vert du Canada dans la circonscription de Québec

Mais selon M. Joli-Cœur, «l’effondrement du NPD» lui permettra de récupérer les 14 500 votes dévolus au NPD dans la circonscription aux élections de 2015, plus les 1500 alors dévolus aux Verts. Cela surpasse les 15 500 obtenus par Duclos pour l’emporter il y a quatre ans.

Il croit pouvoir poursuivre sur l’élan de Catherine Dorion, élue au provincial l’automne dernier. Le parti de Dorion, Québec solidaire, a fait de l’environnement sa priorité. «Catherine Dorion a défendu les dossiers importants pour les gens du comté. J’espère que ses sympathisants vont m’appuyer», souhaite-t-il, même si Québec solidaire refuse de se mouiller en sa faveur sur la place publique.

Le représentant du Parti vert du Canada souhaite faire marcher environnement et économie main dans la main et faire des nouvelles technologies le fer-de-lance de la création d’emplois locale, «au lieu d’attendre d’acheter celles produites à l’étranger».