Le bar La Broussaille

Loterie vidéo: La Broussaille sur la liste, malgré l'absence de machines

Le propriétaire du bar de divertissement pour adultes La Brousaille, Denis Lemoine, comprend mal comment la Direction régionale de santé publique peut bien vouloir interdire les appareils de loterie vidéo (ALV) dans son établissement, car, selon lui, ce n'est pas une clientèle défavorisée qui le fréquente. Et surtout, il n'y a plus d'ALV dans son bar depuis près de cinq ans déjà.
«Avez-vous déjà vu des BS s'acheter des bières à 8 $?» a-t-il lancé, en entrevue avec Le Soleil. «La petite bière, c'est 8 $ chez nous. Ma clientèle vient d'un peu partout dans la grande région de Québec et elle a davantage les moyens de dépenser. La Santé publique se trompe de cible en pointant mon bar dans son rapport.»
L'arrivée du Ludoplex en 2009 près du Colisée de Québec a sonné la disparition des cinq ALV de La Brousaille, en raison de la zone tampon de quelques kilomètres qui avait été imposée à l'époque autour de la nouvelle maison de jeux.
Joueurs occasionnels
«Année après année, les machines rapportaient entre 500 000 $ et 600 000 $ à Loto-Québec. Elles étaient les plus performantes dans le coin. Mais les gens qui y jouaient étaient surtout des joueurs occasionnels. Il y avait du monde qui passait leur journée devant les machines, mais c'était assez rare.»
«Quand les appareils sont partis, je n'ai pas vu une importante différence dans mon chiffre d'affaires, a-t-il ajouté. C'est parce que j'ai autre chose à offrir. Au lieu de mettre l'argent dans les machines, les gens l'ont dépensé dans mon commerce. À la place de mettre 100 $ dans les machines, le client achète deux bières de plus et prend trois danses de plus.»
M. Lemoine affirme d'ailleurs qu'il n'est même pas certain qu'il réinstallerait des ALV dans son bar, si la possibilité se présentait avec le déménagement du Ludoplex. Par contre, il est convaincu que certains débits de boisson fermeront si les recommandations de la Santé publique sont mises en place.
Le cabaret Lady Mary-Ann offre à sa clientèle cinq ALV. Sa propriétaire, Johanne Dolbec, a limité ses commentaires sur le rapport de la Direction régionale de santé publique.
«Les machines de loterie vidéo, ce sont des revenus importants pour nous. Si on décide de nous les enlever, même si je me plains, ça ne changera rien. Personne ne nous écoute quand on parle. Les décisions sont prises d'avance.»