Le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan
Le ministre canadien de la Défense nationale, Harjit Sajjan

L’OTAN suspend la mission de formation que dirige le Canada en Irak

Le ministre canadien de la Défense nationale a indiqué samedi que la mission de formation de l’OTAN que dirige le Canada en Irak a été temporairement suspendue à la suite du meurtre du général iranien Ghassem Soleimani.

Harjit Sajjan a confirmé une déclaration de l’OTAN publiée plus tôt mentionnant que la sécurité du personnel était une question «primordiale».

Cette mission de formation, dirigée par la major générale Jennie Carignan, est sous le commandement canadien depuis le tout début en octobre 2018. Elle a été lancée à la demande du gouvernement irakien.

Le ministère de la Défense nationale a aussi fait savoir que la décision de suspendre les opérations s’appliquait aux 250 militaires canadiens travaillant au sein de la mission de formation et aux dizaines de membres des forces spéciales stationnées dans le nord du pays.

«Le mandat de la mission de l’OTAN et de l’Operation IMPACT reste le même, mais toutes les activités d’entraînement en Irak sont suspendues temporairement tandis que nous continuons d’évaluer la sécurité de l’environnement, a déclaré M. Sajjan. Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour la sécurité de la population civile et du personnel militaire.»

«Nous continuons de prendre toutes les précautions nécessaires, a déclaré le porte-parole de l’OTAN, Dylan White. La mission de l’OTAN se poursuit, mais les activités de formation sont temporairement suspendues.»

La mission irakienne se compose de plusieurs centaines de membres du personnel des pays alliés et des pays non membres de l’OTAN. Parmi les autres pays qui y participent figurent l’Australie, la Finlande et la Suède.

Dans sa déclaration, le ministre Sajjan indique aussi que le Canada «continue de surveiller et d’évaluer la situation et nous sommes en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux».

Le général Soleimani était le chef des Forces al-Qods des gardiens de la révolution iraniens et le cerveau derrière la stratégie régionale du gouvernement iranien. Il a été tué vendredi près de l’aéroport international de Bagdad avec des militants irakiens de haut rang lors d’une frappe aérienne ordonnée par le président Donald Trump. L’attaque a fait monter les tensions régionales et mis à l’épreuve l’alliance des États-Unis avec l’Irak.

Il est parvenu à mobiliser des milices armées en Irak, en Syrie et au Liban. Les Américains le considéraient comme responsable des attaques contre des troupes américaines et alliées depuis plusieurs décennies.

Les États-Unis ont placé al-Quods sur la liste des organisations terroristes en 2007. Le Canada les a imités en 2012, une décision que le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne a réitérée vendredi quelques heures après la mort du général Soleimani.

«Le Canada est depuis longtemps préoccupé par la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, dirigée par Ghassem Soleimani, dont les actions agressives ont eu un effet déstabilisateur dans la région et au-delà», avait déclaré M. Champagne.

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Ottawa met en garde ses ressortissants contre les «risques d’attaques» au Moyen-Orient

Le Canada a appelé samedi ses ressortissants à éviter tout voyage ou a faire preuve de prudence dans plusieurs pays du Moyen-Orient « à cause du risque accru d’attaques », après la mort du général iranien Qassem Soleimani tué par une frappe américaine à Bagdad.

Le ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué avoir mis à jour ses conseils de sécurité « pour plusieurs destinations (au Moyen-Orient) en raison d’un risque accru d’attaques » et invité les Canadiens à faire preuve de prudence « car les conditions de sécurité pourraient s’aggraver rapidement ».

Le ministère invite les Canadiens a éviter tout voyage en Irak, jugeant « l’état de sécurité volatil, imprévisible et potentiellement dangereux » et conseille à ceux qui s’y trouveraient de quitter le pays. Des avertissements similaires concernent la Syrie et l’Afghanistan.

Ottawa conseille en outre à ses ressortissants de faire preuve d’une « grande prudence » dans des pays comme le Liban, la Jordanie, Bahreïn, Oman, les Émirats arabes unis, ainsi qu’en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

En ce qui concerne l’Iran, Ottawa conseille « une grande prudence » en notant que « de violentes manifestations pourraient survenir au cours des prochains jours » et les conditions de sécurité « se détériorer rapidement ». AFP