«Nous ne comprenons pas ce que la commission scolaire est en train de faire», se désole Louise Crête, présidente du c.a. de Lis-moi tout Limoilou. À sa droite, la coordonnatrice, Nicole Landry. Le mobilier de la classe vidée est empilé dans la salle où les étudiants se réunissent pour manger et échanger.

L'organisme en alphabétisation Lis-moi tout Limoilou «évincé» pas la CS de la Capitale

Un petit organisme en alphabétisation du centre-ville de Québec charge la commission scolaire de la Capitale qui l’aurait «évincé» d’une de ses classes sans avertissement, ce qui le prive d’un local pour prodiguer son enseignement favorisant l’intégration sociale d’une clientèle principalement immigrante.

«Nous venons d’apprendre qu’un des locaux que nous occupions pour une classe d’alphabétisation […] ne nous est plus accessible. On en a été carrément évincé, mis à la porte. Les serrures ont même été changées», critique la présidente du conseil d’administration de Lis-moi tout Limoilou, Louise Crête.

«On ne comprend vraiment rien, c’est inadmissible, inconcevable, que la commission scolaire agisse ainsi.»

Mme Crête certifie pourtant que le bail garantissait l’usage de tous les locaux identifiés sur le contrat, dont cette classe aujourd’hui close. «Nous ne comprenons pas ce que la commission scolaire est en train de faire», répète-t-elle. «C’est inacceptable.»

Temporaire en octobre

D’autant plus incompréhensible, selon elle, que Lis-moi tout Limoilou a emménagé cet été dans ses locaux actuels du Centre Saint-Albert de la 4e Avenue, une propriété de la commission scolaire. Et que les cours se déroulaient sans anicroche depuis le début septembre. 

La direction de l’organisme communautaire n’a pas bronché quand on leur a demandé de quitter le local en octobre pour exécuter des travaux. L’immeuble a été complètement rénové, indique Louise Crête. Et la finition du plancher n’avait pas été faite.

La présidente du c.a. affirme cependant que c’était «temporaire». Sauf que le directeur général adjoint de la commission scolaire, Richard Vallée, viendrait de lui confirmer que la mesure sera pérennisée, au dire de Mme Crête. [NDLR : Les appels du Soleil à la commission scolaire sont restés sans réponse.] 

«On est mis devant le fait accompli», critique-t-elle. 

Clientèle immigrante

«La clientèle que l’on a à Lis-moi tout Limoilou est principalement constituée de personnes immigrantes. Il y a quelques personnes québécoises qui viennent prendre des cours d’alphabétisation, mais la majorité de la clientèle est une clientèle d’immigration.»

«On trouve que c’est particulièrement dommage d’affecter cette clientèle qui vient ici pour recevoir des cours pour obtenir des meilleurs outils pour s’exprimer en français, avoir accès à l’écriture, mieux s’intégrer dans la société.»

«Ce local-là nous était absolument essentiel parce que destiné à la classe d’alphabétisation», soutient Mme Crête. Ce serait le seul espace disponible suffisamment grand pour loger les outils d’apprentissage destinés aux groupes d’élèves les plus avancés, dont des ordinateurs.

Pour maîtriser les rudiments informatiques, ils doivent maintenant s’installer devant les écrans des enseignants, dans les bureaux administratifs.

Et le mobilier de la classe vidée est toujours empilé dans la salle communautaire où les étudiants se réunissent pour manger et échanger.

«On espère ravoir [le local], mais ça m’apparaît vraiment incertain au moment où on se parle», déplore Louise Crête. «On ne sait vraiment pas ce qui va nous arriver.»