Alain Kirouac

Loi sur l'immigration: la modernisation souhaitée depuis une décennie

La Chambre de commerce et d'industrie de Québec a l'impression d'avoir été entendue... une dizaine d'années plus tard!
«Au tournant des années 2000, nous parlions de la nécessité d'adopter une approche proactive en matière d'immigration. Nous estimions qu'il fallait faire la nécessaire adéquation entre les besoins des entreprises et les demandes des personnes désireuses de venir s'installer au Canada et cesser d'accueillir des gens - par la porte de l'immigration économique - pour lesquels les perspectives d'emploi n'étaient guère reluisantes», rappelle le président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Alain Kirouac.
Il juge donc que la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Diane De Courcy, a fait un «pas en avant» en proposant, mardi, une modernisation en profondeur de la Loi sur l'immigration, une législation vieille de 46 ans. Fini le temps du premier arrivé, premier servi et des délais interminables pour traiter les demandes d'immigration, a promis la ministre. Rappelons qu'il y a actuellement 80 000 dossiers à l'étude au Ministère. Certains traînent dans le décor depuis cinq ans.
La nouvelle loi obligerait les personnes désireuses de venir gagner leur vie au Québec à remplir une déclaration d'intérêt. Des appels de candidatures seraient ensuite publiés pour combler les besoins en matière de main-d'oeuvre partout au Québec. Les candidats ciblés seraient finalement invités à faire une demande formelle d'immigration.
La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles s'était aussi engagée, l'automne dernier, à faire passer de 20 à 25 % le pourcentage de nouveaux arrivants qui s'installent ailleurs que dans la région métropolitaine de Montréal d'ici à 2020.
Le Québec accueille environ 50 000 immigrants par année, dont 35 000 en vertu des programmes d'immigration économique.
Pour Alain Kirouac, l'approche proposée par Diane De Courcy devrait bénéficier aux entreprises de la région de Québec qui peinent à trouver en sol québécois toute la main-d'oeuvre spécialisée nécessaire pour poursuivre leur croissance.
Avec les missions de recrutement à l'étranger pilotées par Québec International et par le boulot accompli sur le terrain par les organismes chargés de faciliter l'intégration des nouveaux arrivants à la communauté québécoise, la région devrait donc être en mesure de tirer son épingle du jeu et de répondre aux enjeux liés à la nécessité d'attirer des travailleurs venus d'ailleurs.
À cet égard, M. Kirouac se réjouit de constater que le taux de rétention des travailleurs étrangers venus s'installer dans la capitale dépasse 80 %.