Le FRAPRU affirme qu'en 2019, à peine 835 logements coopératifs et sans but lucratif ont été bâtis au Québec.

Logement social : longue campagne du FRAPRU qui culminera au printemps 2021

MONTRÉAL — Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) entreprendra le mois prochain une longue campagne à travers le Québec afin d'obtenir du gouvernement québécois des engagements financiers ambitieux pour le logement social.

Le FRAPRU veut que le gouvernement Legault consacre les fonds nécessaires à la réalisation des milliers de logements sociaux annoncés depuis 10 ans, mais que l'organisme attend toujours, et aille plus loin en réalisant 50 000 logements sociaux en cinq ans.

Le FRAPRU affirme que l'an dernier, à peine 835 logements coopératifs et sans but lucratif ont été bâtis au Québec.

Et à son avis, les 260 millions $ ajoutés par le gouvernement au programme AccèsLogis Québec dans son budget de mars dernier sont insuffisants. Ce programme a été conçu pour favoriser le regroupement des ressources afin de réaliser des logements communautaires et abordables pour des ménages à revenu faible ou modeste et pour des personnes ayant des besoins particuliers en habitation.

La campagne intitulée «Pour du logement social maintenant!» sera constituée de caravanes qui parcourront le Québec pour mettre en lumière les problèmes de logement vécus par des locataires et les projets de logements sociaux portés dans les régions.

Bientôt, des militants regroupés en caravanes partiront de Gatineau, Rouyn-Noranda, Montréal, Châteauguay, Sherbrooke, Saguenay et Rimouski pour se rendre dans des circonscriptions représentées par des députés de la Coalition avenir Québec (CAQ). Ils convergeront ensuite vers Québec pour tenir une manifestation le 7 février qui s'ébranlera au Parc de l'Amérique française pour se rendre devant le Parlement de Québec.

Le FRAPRU reproche au gouvernement du Québec d'abandonner aux forces du marché les ménages qui ne profitent pas de l'actuel développement économique, même s'il lui attribue les moyens de régler les problématiques.

L'organisme constate que l'accélération de la valeur des immeubles résidentiels cause de fortes hausses de loyers aux plus pauvres. Il déplore aussi que de plus en plus de promoteurs immobiliers rachètent des baux, souvent en ciblant des édifices où vivent des locataires qui paient des loyers plus bas. Il est ensuite fréquent que ces locataires soient chassés vers des secteurs éloignés des services et des réseaux d'entraide de leur quartier.

Le FRAPRU a aussi constaté que dans des régions touristiques, des baux de huit mois sont parfois imposés afin de réserver des logements pour la villégiature estivale.

Les municipalités doivent aussi avoir des ressources du gouvernement du Québec, selon le FRAPRU, notamment pour remettre en état des habitations à loyers modiques (HLM) et pour établir des codes de salubrité pour décourager les négligences.

La campagne que s'apprête à lancer le FRAPRU devrait culminer au printemps 2021 par l'organisation d'un camp des mal-logés dans la région de Montréal.