Le syndicat allègue toujours que l’employeur Calèche Québec devrait acquérir plus de chevaux pour faire des rotations en journée et accorder plus de temps de repos aux bêtes. Il prolongerait ainsi ses heures de service et les employés profiteraient de plus d’heures de travail.

Lock-out à Calèches Québec: les négos reprennent

EXCLUSIF / En lock-out depuis un an, la plus importante entreprise de calèches de la capitale, Calèches Québec, reprendra les pourparlers vendredi en vue d’un règlement avec la vingtaine d’employés syndiqués.

Les parties syndicales et patronales se présenteront devant un conciliateur le 26 juillet pour tenter de dénouer l’impasse qui a mené au déclenchement d’une grève il y a exactement un an, le 26 juillet 2018. Le lendemain, l’employeur décrétait un lock-out. Les employés sont sans contrat de travail depuis 2016.

Au cœur du litige, soutient le délégué syndical, Vincent Boissonneault, les conditions de travail, mais aussi le traitement fait aux animaux. «Les négociations sont difficiles parce que ça devient un enjeu d’éthique animal», explique le représentant des employés affiliés aux Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

Il avance que les cochers voudraient faire plus d’heures, mais doivent parfois refuser de faire un «tour supplémentaire» pour ne pas épuiser les chevaux, et ce même si la Ville a réglementé l’industrie pour s’assurer que les chevaux travaillent dans des conditions viables.

«Si on refuse pour préserver la santé de l’animal, c’est vu comme un refus de travail. Les gens ont de la pression. On nous demande de choisir entre la pauvreté et la dignité animale.»

Rotations de chevaux

Le syndicat allègue toujours que l’employeur devrait acquérir plus de chevaux pour faire des rotations en journée et accorder plus de temps de repos aux bêtes. Selon lui, il prolongerait ainsi ses heures de service et les employés profiteraient de plus d’heures de travail.

«C’est un autre aspect difficile des négociations parce que ça tombe dans le droit de gestion de l’employeur», convient le délégué.

Calèches Québec possède 14 des 17 permis délivrés par la Ville chaque année. Cependant, elle opère au maximum 5 de ces 14 permis.

L’année a été ponctuée de plusieurs rebondissements. À l’automne 2018, l’employeur annonçait son intention de fermer l’écurie devant l’impasse des négociations. Mais il n’est jamais passé de la parole aux actes.

En octobre, il confiait au Soleil les difficultés que rencontrait son entreprise. «Oui, j’aurais aimé ça continuer, mais pas comme ça, ce n’est pas raisonnable.» Des chevaux et des véhicules hippomobiles ont déjà été vendus, et «certains actifs» étaient également à vendre. 

En septembre, le directeur général, Simon Genest-Mainguy, disait ne plus faire confiance aux délégués syndicaux qu’il accusait de manœuvrer pour l’obliger à mettre la clef sous la porte afin de reprendre les rênes en constituant une coopérative de travail. Cette option a finalement été étudiée en début d’été, mais n’aurait pas été retenue. Le Soleil n’a pas été en mesure, mardi, de joindre un représentant de l’entreprise pour obtenir ses commentaires sur la reprise des discussions.