Le SRB «s'est mis à coûter vraiment cher quand on a ajouté les 15 km pour se rendre aux bureaux du Mouvement Desjardins. Maintenant que Lévis s'est retirée, est-ce qu'on peut récupérer cet argent pour bonifier le projet à Québec?» se demande Étienne Grandmont, directeur général d'Accès Transports Viables.

L'occasion de «bonifier le projet à Québec»

Surpris et déçu de voir Lévis abandonner le Service rapide par bus (SRB), l'organisme Accès Transports Viables y voit tout de même une occasion pour la Ville de Québec de bonifier son projet, voire même de ramener le tramway sur la table.
«On se souviendra que le projet de SRB s'est mis à coûter vraiment cher quand on a ajouté les 15 km pour se rendre aux bureaux du Mouvement Desjardins. Maintenant que Lévis s'est retirée, est-ce qu'on peut récupérer cet argent pour bonifier le projet à Québec? Est-ce que le retrait de Lévis pourrait devenir une opportunité pour améliorer le projet?», se demande Étienne Grandmont, directeur général d'Accès Transports Viables, en entrevue avec Le Soleil.
Indiquant qu'il avait toujours considéré le SRB comme un projet «un peu moins intéressant que le tramway», M. Grandmont se demande même si ce ne serait pas là l'occasion de remettre sur les rails le projet de tramway à Québec.
«Je pense que ça vaut la peine de faire les représentations qu'il faut au gouvernement du Québec pour voir ce qu'on pourrait ramener sur la table. On pourrait revenir au tramway ou alors garder le SRB, mais en bonifiant les axes à développer. Oui, on pourrait développer l'axe Charest, mais on pourrait peut-être aussi desservir adéquatement dès l'ouverture l'axe du Grand Théâtre jusqu'au secteur Laurier», poursuit-il.
M. Grandmont rappelle que les besoins en transport en commun sont grands à Québec. «Et on le sait depuis longtemps. Déjà, dans les années '90, on parlait d'un tramway et on avait implanté les Métrobus comme un «pis aller», comme une solution intermédiaire en attendant le tramway.»
Deux poids, deux mesures
D'autre part, Étienne Grandmont déclare que le retrait de Lévis du projet de SRB est assez symptomatique d'un système de «deux poids, deux mesures» en place depuis plusieurs années.
«Quand les villes décident de miser sur l'autoroutier pour la mobilité de leur territoire, c'est 100% à la charge du gouvernement du Québec, tant pour la construction que pour l'opération et l'entretien. Ça devient alors une solution non coûteuse pour les villes, même si les effets collatéraux sont importants», explique-t-il, qualifiant de «désuètes» ces règles de financement héritées de la Réforme Ryan au début des années '90.
Il souhaite maintenant voir le maire de Québec, Régis Labeaume, maintenir le cap malgré le retrait de Lévis, rappelant qu'un sondage mené l'automne dernier montrait un appui de 77% de la population au projet de SRB.
«Peu importe le battage médiatique fait par les radios de Québec, une importante majorité de la population est en faveur d'un transport en commun structurant et ça demeure donc un bon choix pour la mobilité durable, mais aussi un bon choix politique dans un contexte électoral», conclut-il.