Val Rasmussen estime avoir confectionné plus d’une centaine de casques de vikings au cours de sa vie.

Un casque aux racines vikings

Les objets peuplent nos vies et nos maisons. On les garde souvent par utilité, parfois par attachement sentimental. En ce début d’année, les journaux de Groupe Capitales Médias vous présentent des gens à travers un objet fort en symbole, en souvenirs et en émotions.

Si les contes et légendes vikings font parfois rêver le commun des mortels, pour d’autres, c’est une façon de se rappeler leurs ancêtres qui ont traversé l’Atlantique au péril de leur vie pour s’enraciner à l’autre bout du monde, ici même au Québec.

C’est le cas d’un Saguenéen plutôt atypique du nom de Val Rasmussen, un fier descendant viking du Danemark né dans les années 20 à Port-Alfred, un secteur aujourd’hui intégré à l’arrondissement de La Baie à l’est de Saguenay.

Skieur invétéré à l’image des sportifs danois d’aujourd’hui, l’homme de 89 ans à la moustache saillante ne passe pas inaperçu dans la région, et pour cause.

Depuis une cinquantaine d’années, peu importe l’événement auquel il participe, les chances sont grandes pour qu’il porte l’un des casques de Viking qu’il confectionne lui-même afin de rappeler au reste du monde ses origines nordiques d’outre-mer.

« Je l’ai toujours porté. Quand on a eu les championnats de canoë-kayak en 1979, puis pendant les championnats mondiaux de vélo. La première fois que j’en ai mis un, j’avais peut-être 40 ans. Ça fait plus de 50 ans que j’en porte en toutes occasions », confie Val Rasmussen, qui habite toujours avec sa femme sa maison d’Arvida remplie d’une foule d’artéfacts évoquant l’histoire des Vikings.

Des centaines

Ce casque qu’il porte sur la photo, c’est peut-être le centième qu’il confectionne depuis ce temps, estime-t-il. Si lui le porte en public à la moindre occasion, les membres de sa famille et plusieurs amis ou connaissances ont eu droit à une de ces répliques de casques de Viking.

« Aujourd’hui je ne suis plus capable d’en faire. Mes neveux, mes nièces et mes frères sont tous partis avec ! »

Né d’un père arrivé par bateau au Saguenay–Lac-Saint-Jean en 1904, et descendant d’un grand-père qui était capitaine de la cavalerie royale du roi du Danemark, Val Rasmussen est le dernier de sa lignée à être né avec les deux nationalités.

« Je suis né Danois et Canadien. Je suis venu au monde en 1929 et mon père a été nationalisé en 1931. J’ai été le dernier de la famille de 17 enfants avec les deux nationalités », raconte celui qui est toujours solide comme un chêne malgré son âge vénérable.

Son couvre-chef particulier symbolise ainsi parfaitement ses racines, autant vikings que québécoises.

Les cornes qu’il utilise, par exemple, proviennent de vaches abattues chez des producteurs bovins du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La denrée est plus rare aujourd’hui, puisque la plupart des éleveurs retirent les cornes de leur cheptel pour éviter que les bêtes se blessent entre elles.

Anecdotes

Au début des années 1980, il construit même une vraie réplique d’un drakkar. Avec des amis, il fait descendre pendant cinq années consécutives son bateau de Chicoutimi jusqu’au village de Saint-Fulgence, à l’endroit même où son père a mis le pied au Saguenay il y a plus de 125 ans.

Parmi les anecdotes liées à ses casques, celle du cadeau qu’il a offert au joueur de hockey Mats Naslund lors du passage du Canadien de Montréal dans le cadre d’un match hors-concours joué à Chicoutimi en septembre 1986 occupe une place de choix dans son cœur.

C’est que le Suédois aujourd’hui retraité était surnommé le « Petit Viking ». Pas question pour M. Rasmussen de passer à côté de l’occasion de lui offrir un de ses casques emballé pour l’occasion... dans une caisse de bière vide !

« J’ai vu une entrevue récemment où il parlait de ce casque. Il ne se souvenait plus qui le lui avait donné. Il faudrait que je puisse entrer en contact avec lui », dit en riant l’octogénaire. Le message est lancé !