L'usine de LM Wind Power
L'usine de LM Wind Power

LM Wind Power reprend sa production

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
L’usine de fabrication de pales éolienne LM Wind Power de Gaspé reprendra la production lundi, en ayant recours à des travailleurs se portant volontaires. L’usine est fermée depuis le 24 mars en soirée, suivant la décision du gouvernement du Québec d’imposer un grand ralenti à l’économie québécoise pour freiner la progression de la COVID-19.

Le secteur de l’énergie étant inclus dans les services essentiels, la réouverture de LM Wind Power à Gaspé s’inscrit dans les critères définis par le gouvernement québécois le 23 mars, lors de l’annonce de la mise en veilleuse de plusieurs pans de l’économie.

L’usine de fabrication de pales emploie 485 personnes. Il s’agit du plus gros employeur privé en Gaspésie en matière de travail à longueur d’année. L’arrêt du 24 mars suivait de quelques jours des remarques et critiques formulées sur les médias sociaux, alors que des gens s’inquiétaient de la promiscuité d’autant de travailleurs dans un espace intérieur. C’est ce qui a provoqué le temps d’arrêt.

Le directeur de l’usine, Alexandre Boulay, préfère ne pas commenter la situation mais le maire de Gaspé, Daniel Côté, à la tête d’une panoplie de services essentiels, précise que de nombreuses mesures ont été adoptées depuis le début de la crise, mesures qui ont été adaptées à la gravité des événements depuis et qui assurent la reprise de production lundi.

« Les mesures en question sont tellement rigoureuses qu’elles ont été approuvées par la Direction de la santé publique. Il y a eu une lettre à cet

effet. Il faut réaliser que les costumes blancs avec masques et gants portés par les employés sont sécuritaires à un point tel que si la pandémie prend de la vigueur, ces combinaisons seront réquisitionnées par les services de santé », précise le maire Daniel Côté.

« Il faut aussi penser à l’après-pandémie. C’est une grande partie de notre économie. Si on perd notre usine, on ne sera pas avancés. Les chantiers sont encore ouverts aux États-Unis et la production de LM s’en va au sud de ce pays. Il faut le fournir, ce marché, puisque des usines américaines pourraient profiter d’un arrêt de production à Gaspé. Ça pourrait donc affecter la survie de l’usine. Ce n’est pas une raison pour faire planer un risque sur ses travailleurs. Il faut réaliser que le niveau de risque est très, très faible à LM. Il n’y a pas une usine qui a le même niveau de sécurité », ajoute M. Côté.

L’usine LM fournit des parcs éoliens localisés au sud des États-Unis depuis l’automne 2016. Ce contrat couvre une période de cinq ans. LM Wind Power a équipé dans le passé plusieurs parcs éoliens du Québec et pourrait fournir des pales de remplacement en cas de bris. « C’est un élément qui milite en faveur de son maintien en production », signale le maire Côté.

Il précise que des agents de sécurité sont en fonction dans l’usine de LM afin d’assurer le respect des instructions sanitaires visant à éviter la propagation du coronavirus. « Il y en avait déjà avant l’arrêt de production. Ils sont là à des fins de précaution, pour assurer la distance entre les employés, le nettoyage des poignées de portes et la désinfection ailleurs », dit-il.

Un peu plus de la moitié des travailleurs de LM Wind Power ont répondu volontairement à l’appel visant à reprendre la production.

Les pales de LM Wind Power sont exportées par rail. La voie ferrée étant en réfection entre Caplan et Gaspé, les pales sont acheminées par camion entre Gaspé et New Richmond, où elles sont transférées sur des wagons.

« Le transport des pales reprendra lundi matin aussi », précise le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé.

Le prochain train de pales devrait arriver en Gaspésie dans une semaine pour se faire charger. Chaque train transporte 48 pales placées sur 72 wagons. Le transport ferroviaire est donc aussi maintenu comme service essentiel. La Société du chemin de fer de la Gaspésie a aussi ajusté ses pratiques de façon à réduire les risques de contagion de ses équipes.