La Ville de Québec a acquis les lots du 1200 de la Canardière afin de revitaliser le secteur.

Littoral Est: «Ça commence tranquillement»

Rêvant de voir pousser un tout nouveau quartier sur les ruines des industries du secteur de l’incinérateur municipal, la Ville de Québec vient de mettre la main sur ses premiers bâtiments à détruire. Les immeubles du chemin de la Canardière payés 1,35 million $ «plus les taxes applicables» seront démolis dans l’espoir d’implanter le fantasmé Littoral Est. Il reste toutefois nombre d’entreprises d’envergure à déloger avant que la «vision» se concrétise.

«Ça commence tranquillement», dixit un des porte-parole de la Ville, David O’Brien. Les élus d’Équipe Labeaume ont entériné l’acquisition de deux lots, de deux bâtisses, détenues par la Coopérative funéraire des Deux Rives. L’entreprise cherchait à s’en départir depuis un moment et avait diminué le prix de vente dans l’espoir de stimuler les acheteurs potentiels. La Ville a décidé de payer le montant demandé de 1,35 M$ pour les propriétés évaluées à 925 000 $ au rôle municipal.

Cet achat fait suite à la conclusion d’une entente avec le gouvernement national, le printemps dernier, afin de lancer «la création d’une nouvelle zone d’innovation et le redéveloppement du secteur portuaire du Littoral Est à Québec», rapportent des documents mis en ligne cette semaine. «Dans le cadre de la création de cette nouvelle zone d’innovation, le Service du développement économique et des grands projets est à l’affût des opportunités d’acquisition dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie de redéveloppement du secteur.»

Libérer Limoilou de l’industriel

Le maire Régis Labeaume s’enflamme pour le Littoral Est qu’il qualifie d’«immense». «On veut que les gens de Limoilou ne vivent plus avec de l’industriel autour d’eux.» Pas question, toutefois, de déménager l’incinérateur à déchets de la Ville. Mais les autres occupants du territoire industriel de «Beauport-Maizerets-d’Estimauville» devront faire leurs valises, avait-il prévenu en début d’année.

Les lots récemment acquis à la Coopérative funéraire des Deux Rives couvrent 6920,6 mètres carrés. La «vision» du Littoral Est s’étend cependant sur quelque 3,9 kilomètres carrés. Il reste donc beaucoup d’emplettes à faire avant la plantation de tours d’appartements et de bureaux d’entreprises technologiques.

Papiers White Birch, le récupérateur de métaux AIM et Glassine Canada, entre autres, recevront des avis d’expropriation, a déjà prévenu l’administration municipale.

Mais M. Labeaume craint la surenchère, craint que les propriétaires ne se laissent pas déloger sans partir avec la caisse. Il a déjà indiqué qu’il compte sur l’Assemblée nationale pour lui voter une loi forçant la vente à bon prix.

À suivre

Nous aurions voulu donner plus de détails sur le Littoral Est : quels sont les investissements totaux prévus? La liste des terrains à acquérir? Les échéanciers pour leur achat, pour la démolition des bâtiments, pour la décontamination, pour la construction? Etc.

La «vision» semble encore floue. Mais les contours devraient être précisés avant Noël, indique David O’Brien. «Une vision détaillée du projet est en élaboration pour cet automne et répondra à vos questions lors de son dévoilement.» Il faudra ensuite des années pour une éventuelle réalisation.