Nancy Charron

L'Isle-Verte: la soupe... pour éviter de penser

C'est parfois les idées les plus simples qui sont les meilleures... au goût comme pour l'âme. Nancy Charron s'est mise aux fourneaux, vendredi, pour réconforter les proches d'une disparue.
La dame est tout sourire lorsqu'elle ouvre la porte. L'odeur d'une soupe aux légumes alléchante embaume la maison. Il y a deux jours, ça sentait plutôt la fumée. Mme Charron est voisine de la résidence pour aînés du Havre.
Du salon parviennent des infos sur la tragédie qui s'est jouée à moins de 100 pieds de chez elle il y a à peine 36 heures. «On regarde la télévision. Comment ça évolue. Mais ça devient déprimant», avoue Mme Charron.
Pour elle, il faut demeurer dans l'action malgré les épreuves. «Ça empêche de penser», lance-t-elle, mi-sérieuse. Elle-même est touchée par le deuil. La marraine et un oncle de son mari comptent parmi les disparus. Ça ne l'empêche pas d'avoir une pensée pour les autres.
«C'est pas grand-chose, mais pour ceux qui le reçoivent, c'est beaucoup. On sait ce que le monde, ça leur prend», soutient-elle.
La soupe, c'était une surprise. Une surprise pour les enfants d'une dame portée disparue. «C'est des grosses familles. Ils arrivent tous à L'Isle-Verte. Ils sont chez une soeur ou un frère et n'ont pas le temps de faire à manger. Ils ont beaucoup d'autres choses à gérer», raconte-t-elle.
Une soupe, ça ne ramène pas les disparus. Pas plus que ça n'enlève la douleur. Au moins, ça a le mérite de montrer ce qu'il reste à faire dans l'épreuve. «C'est de l'entraide», conclut Mme Charron.