En pleine période de questions, le premier ministre Philippe Couillard a interpellé le président de l’Assemblée nationale, lui faisant remarquer que Jean-François Lisée portait une épinglette de son parti sur son veston. En vertu des règlements, M. Lisée a dû retirer son épinglette.

Lisée réclame l’égalité dans l’affichage des convictions

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est demandé jeudi pour quelles raisons un député pourrait porter la kippa en chambre, comme l’a fait mercredi David Birnbaum lors d’un discours en mémoire des victimes de l’Holocauste, et ne pas afficher ses convictions politiques.

En pleine période de questions, le premier ministre Philippe Couillard a interpellé le président de l’Assemblée nationale, lui faisant remarquer que M. Lisée portait une épinglette de son parti sur son veston. En vertu des règlements, M. Lisée a dû retirer son épinglette. 

C’est alors que ce dernier, son micro étant éteint, aurait dit : «Donc, on a droit à la kippa et on n’a pas le droit à l’épinglette?» 

Il a maintenu qu’il était d’accord avec le fait que les députés puissent afficher leurs convictions religieuses, mais que cela ne devrait pas empêcher l’affichage des convictions politiques. 

Convictions «hiérarchisées»

Le chef de l’opposition reproche au Parti libéral de «hiérarchiser» les convictions. «Il y a les convictions religieuses, qui ont plus de droits, et les autres convictions, qui ont moins de droits», a-t-il dit. Plaidant «l’égalité de droits», M. Lisée pense que tous les citoyens sont égaux face à leurs convictions, politiques ou religieuses. 

Le député de D’Arcy-McGee, David Birnbaum, s’est dit «étonné» de la comparaison faite par M. Lisée. 

La kippa est un «symbole d’un peuple avec une histoire de 4000 ans. La dernière fois que j’ai vérifié, l’histoire du PQ est un petit peu plus modeste que ça. Je ne peux pas retenir d’autre message que celui qu’on fait, à quelque part, une comparaison entre les symboles partisans et les symboles très sacrés et importants», a-t-il réagi. 

Jean-François Lisée a nuancé plus tard son propos. «Est-ce qu’on peut comparer l’Holocauste à l’histoire du Parti québécois? Non. L’Holocauste n’est comparable à rien d’autre dans l’histoire humaine», a-t-il soutenu. 

Même s’il a affirmé à plusieurs reprises ne pas avoir voulu comparer les deux éléments, M. Lisée ne regrette pas ses propos. 

«Je ne regrette pas d’être pour l’égalité des citoyens et des députés face à leurs convictions. Il était question de quelqu’un qui avait un signe religieux et quelqu’un qui avait un signe politique. Et on applaudissait celui qui avait un signe religieux, et on interdisait à celui qui avait un signe politique» d’en avoir un, a défendu le chef péquiste.