«Il y a deux ans, deux simples mots sont arrivés dans nos vies comme une déferlante», lance Tarana Burke aux travailleuses et travailleurs d’Unifor, rassemblés dans la Capitale-Nationale, du 19 au 23 août.

L’instigatrice du mouvement #MoiAussi au congrès d’Unifor à Québec

Le troisième Congrès statutaire d’Unifor accueillait mercredi, au Centre des congrès de Québec, la militante Tarana Burke, instigatrice du mouvement #MoiAussi. Une invitation «tout à fait» logique pour le syndicat, qui milite depuis plus de 20 ans contre la violence faite aux femmes.

Unifor est le plus grand syndicat du secteur privé au pays, présent dans une vingtaine de secteurs de l’économie canadienne, dont l’automobile, les communications, l’énergie et le papier. Il regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs.

Au sein du syndicat, entre 350 et 400 employées se portent à la défense du droit des femmes. Elles éduquent, militent et informent quant à la violence domestique, au harcèlement sexuel au travail ou à l’équité.

«Nous nous impliquons beaucoup dans le mouvement et depuis longtemps», rappelle Lana Payne, tout juste élue au poste de secrétaire-trésorière d’Unifor. Elle est la première femme à occuper ces fonctions. «Nous essayons d’utiliser notre pouvoir à la table de négociations pour faire changer les choses.»

Mme Payne croit que le syndicat a également un rôle à jouer dans l’arène politique. «C’est un problème social qui doit être réglé socialement.» Son nouveau statut légitimera le pouvoir des femmes au sein du syndicat, selon elle.

Un mot-clic planétaire

«Il y a deux ans, deux simples mots sont arrivés dans nos vies comme une déferlante», lance Tarana Burke aux travailleuses et travailleurs d’Unifor, rassemblés dans la Capitale-Nationale, du 19 au 23 août. En 24 heures, #MeToo a été partagé plus de 12 millions de fois, seulement sur Facebook. 

Mais #MeToo n’est pas né à en octobre 2017 à l’initiative d’Alyssa Milano. Bien que l’actrice ait propulsé le mot-clic pour dénoncer les nombreux abus sexuels visant les femmes, le mouvement a été instigué il y a onze ans, à New York, grâce à Tarana Burke.

La travailleuse sociale, qui se définit comme une «survivante» d’une agression sexuelle, est au front depuis des années. 

En 2006, elle fonde Just Be Inc, une organisation visant à éduquer les jeunes femmes sur les questions de santé et de bien-être. Un an plus tard, elle lance le Me Too Movement comme une initiative populaire en soutien aux victimes d’agressions sexuelles dans les quartiers défavorisés. «Empowerment through empathy», répète Tarana Burke, prônant l’écoute bienveillante afin de transcender le statut de victime.

«#MoiAussi est un phénomène global qui répond à l’épidémie de violences sexuelles», laisse tomber la militante. Pour une organisation comme Unifor, il est primordial de miser sur la diversité, l’inclusion et l’équité. «Mais le mouvement n’implique pas seulement les femmes, poursuit Mme Burke. Au-delà du politique, il s’agit de protéger l’intégrité humaine.»