L’entrepreneur Lino Zambito sera le premier d’une série de sept témoins convoqués, à compter de mercredi, par Me Jacques Larochelle et Me Olivier Desjardins au procès de leur client Marc-Yvan Côté. Ils veulent savoir qui est à l’origine des fuites des dossiers d’enquête de l’UPAC aux journalistes.

Lino Zambito, premier témoin au procès Côté-Normandeau

Qui a coulé les dossiers d’enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) aux journalistes? Pour tenter de le découvrir, l’ex-entrepreneur Lino Zambito sera le premier d’une série de témoins convoqués à partir de mercredi par les avocats de Marc-Yvan Côté.

En prélude de son procès pour fraude et corruption, l’ex-ministre libéral a déposé une requête pour obtenir un arrêt des procédures en raison des nombreuses fuites médiatiques qui ont, allèguent ses avocats Me Jacques Larochelle et Me Olivier Desjardins, atteint son droit à un procès juste et équitable.

Pour l’instant, la défense ignore qui est à l’origine des fuites et des nombreux reportages. «Des soupçons flottent sur un groupe de quatre personnes», a indiqué mardi Me Larochelle.

Pour en arriver, espère-t-elle, à identifier la source, la défense a convoqué sept témoins. Le premier sera le témoin vedette de la commission Charbonneau, Lino Zambito, qui a écrit dans son autobiographie connaître l’auteur des fuites des informations policières. 

Le juge André Perreault entendra aussi témoigner quatre enquêteurs et un ancien procureur de la Couronne devenu juge, Sylvain Lépine.

Journalistes «sur la glace»

La défense a aussi convoqué à la cour les deux journalistes : Marie-Maude Denis de l’émission Enquête et Louis Lacroix de Cogeco et L’actualité.

Me Jacques Larochelle plaide que Mme Denis «connaît clairement» les noms de deux sources. Louis Lacroix a pour sa part entendu la voix de la source prénommée «Pierre». La défense a l’intention de lui faire écouter quelques voix dans l’espoir que le journaliste identifie la source.

Les deux journalistes ont manifesté qu’ils s’opposeraient à leur convocation à la cour, invoquant le privilège des sources journalistiques, protégées par une législation fédérale depuis l’automne.

Le juge André Perreault a rappelé que le témoignage de journalistes sur leurs sources ne se faisait qu’en dernier recours. Il a d’ailleurs mis «sur la glace» l’assignation des journalistes.