Le vice-amiral Art McDonald a présenté des excuses «sans réserve» pour ce retard inexplicable et pour l'incapacité de la Marine à communiquer périodiquement avec l'ancien équipage.

L'incendie dans le sous-marin Chicoutimi a laissé de graves séquelles aux marins

HALIFAX — Le commandant de la Marine royale canadienne a présenté des excuses, jeudi, aux marins qui avaient combattu un incendie meurtrier à bord du sous-marin NCSM Chicoutimi, en 2004, qualifiant d'inacceptable le report de cinq ans dans la publication d'une étude sur leur état de santé.

Le vice-amiral Art McDonald a présenté des excuses «sans réserve» pour ce retard inexplicable et pour l'incapacité de la Marine à communiquer périodiquement avec l'ancien équipage. Lors d'une conférence de presse à la base navale de Halifax, il a admis que la Marine aurait dû faire mieux et il a promis qu'elle ferait mieux à l'avenir.

Le rapport, qui aurait dû être publié en 2014, révèle que les sous-mariniers ont souffert de niveaux élevés de troubles de stress post-traumatique (TSPT), de dépression et d'asthme de 2004 à 2009. Toutefois, aucun cas de cancer n'a été signalé au cours de cette période, bien que l'armée ait confirmé que les marins avaient été exposés à un cocktail de produits chimiques dans une épaisse fumée noire qui remplissait le sous-marin.

Le sous-marin britannique d'occasion - l'un des quatre achetés par l'armée canadienne en 1998 - effectuait son voyage inaugural vers le Canada, le 5 octobre 2004, lorsqu'il a pris feu, par une mer démontée, au large des côtes irlandaises. Le lieutenant Chris Saunders a succombé plus tard à l'inhalation de fumée et deux autres membres de l'équipage du Chicoutimi ont été grièvement incommodés par des émanations toxiques.

Après l'incendie, la quasi-totalité de l'équipage a passé encore cinq jours dans le sous-marin, à travailler avec de l'équipement recouvert de suie grise, alors que le bâtiment était remorqué à bon port en Écosse. Un autre groupe de 42 militaires a ensuite assuré la sécurité et la maintenance du sous-marin après son arrivée en Écosse.

Pour les fins de l'étude, le bilan de santé de cette «équipe de garde» au cours des cinq premières années a été comparé à celui de l'équipage original du sous-marin et à un groupe témoin composé de 152 sous-mariniers en bonne santé.

Taux énormes de TSPT

Les responsables de la Marine ont confirmé la mort en 2016 d'un membre de l'équipage original, mais ils ont refusé de confirmer la cause de son décès, invoquant la protection de la vie privée.

L'étude a révélé que 60 pour cent des marins qui étaient à bord du sous-marin au moment de l'incendie avaient souffert de troubles de stress post-traumatique dans les cinq ans qui ont suivi. Cela signifie que les 56 membres de l'équipage étaient 45 fois plus susceptibles de recevoir un tel diagnostic que le groupe témoin. Le taux de TSPT parmi l'«équipe de garde» du sous-marin était de 1 pour cent, alors qu'il était nul dans le groupe témoin.

En outre, l'étude a révélé que de 2004 à 2009, 21 pour cent des membres d'équipage ont déclaré souffrir d'asthme et 15 pour cent de dépression - des taux bien supérieurs à ceux observés dans les deux autres groupes.

La Marine a communiqué les résultats aux marins en service et aux anciens marins plus tôt dans la journée et leur a proposé trois options pour une étude à plus long terme portant sur la période allant de 2009 à 2019.

Au cours des 14 dernières années, de nombreux marins ont fait savoir qu'ils craignaient d'être exposés à des émanations toxiques pouvant causer le cancer, mais la Marine a souligné à plusieurs reprises que l'incendie avait été rapidement éteint, ce qui avait limité l'exposition.