Florent Cantin

L'incendiaire de Chapais

Il a 21 ans. Il est journalier de son métier. Il habite la petite ville minière de Chapais, à l'ouest de Chibougamau. Il s'appelle Florent Cantin.
Comme 300 autres personnes, il se rend fêter joyeusement l'arrivée du Nouvel An au club Opemiska, du nom de la mine de cuivre. Il ne le sait pas encore, mais cette nuit du 31 décembre au 1er janvier 1980 va changer pour toujours sa vie et celle des 3500 autres habitants de la localité.
Un peu après minuit, alors que la fête atteint son paroxysme, le jeune homme s'approche des décorations de Noël et, pour impressionner ses amis, il promène la flamme de son briquet sous des branches de sapin. À la première flammèche, il étouffe le feu avec sa main libre. Le manège continue ainsi à quelques reprises. Puis arrive ce qui devait arriver: une branche sèche refuse de s'éteindre et, en quelques secondes, le feu court dans les nombreuses décorations. Au moment où on ouvre les portes, les flammes roulent et la salle n'est bientôt plus qu'un brasier.
Environ 200 personnes réussissent à s'échapper de l'enfer. On comptera une centaine de victimes dont certaines horriblement calcinées. Le bilan officiel: 48 morts, 52 blessés et 38 orphelins.
L'incendiaire est sain et sauf chez ses parents. C'est là que la police viendra l'arrêter. Il sera condamné à deux années de prison. Il ne reviendra plus vivre dans sa ville natale.
Dans cette région du nord du Québec, on dit que les gens de Chapais ont rayé un mot de leur vocabulaire: le mot « feu ».
Dix ans plus tard, à Québec, Florent Cantin retourne devant les tribunaux. Il est reconnu coupable d'avoir proféré des menaces de mort à l'endroit de son épouse.