Au quartier général de la circonscription de Jean-Talon, sur l'avenue Myrand, à Québec, Catherine Dorion se tient bien droite aux côtés du candidat Olivier Bolduc.

L'importance d’être sur le terrain, selon Catherine Dorion

Au quartier général de la circonscription de Jean-Talon, sur l'avenue Myrand, à Québec, Catherine Dorion se tient bien droite aux côtés du candidat Olivier Bolduc. Pourquoi être ici plutôt qu’au congrès de Québec solidaire à Longueuil? «Je suis ici pour lui, parce que je veux qu’on gagne», laisse tomber la députée de Taschereau.

Québec solidaire et Catherine Dorion ont convenu, d’un commun accord, qu’elle devait consacrer sa fin de semaine à la campagne dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, auprès du candidat Olivier Bolduc. Elle accompagnait le candidat dans une tournée de porte-à-porte, samedi.

Le statut de députée «vedette» de Catherine Dorion fait d’elle la candidate la mieux placée pour faire campagne dans la région de Québec, confiait vendredi, à La Presse canadienne, l’attachée de presse Stéphanie Guévremont. 

«Je suis vraiment engagée à faire de Québec une capitale solidaire, lance Mme Dorion. Les choses changent dans la ville. On a eu une grosse surprise aux dernières élections.»

Le 2 décembre, le parti tentera de remporter l’élection partielle dans Jean-Talon, un château fort libéral qui pourrait passer aux mains de la Coalition avenir Québec (CAQ), cette fois.

Mais les chances de victoire du Québec solidaire sont bonnes, selon Catherine Dorion, qui assure que des changements importants s’opèrent dans la Capitale-Nationale.

Et ce qu’elle entend sur le terrain est positif, assure-t-elle. 

«Les gens veulent que je m’assoie dans leur cuisine, qu’on jase. Ils me disent : vous être un parti sérieux, vous être le parti de l’avenir, et Catherine, ce qui vient de t’arriver [à l’Assemblée nationale] n’a pas de bon sens. Juste pour ça, j’ai envie de voter pour vous», illustre la députée.

En politique comme en journalisme

Mme Dorion estime qu’il est plutôt rare que le pouls soit pris sur le terrain, autant par les députés que les médias.

Début octobre, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, et son collègue aux Finances, Eric Girard, annonçaient une série de mesures fiscales pour venir en aide aux médias écrits, dont un crédit d’impôt remboursable de 35 % pour chaque travailleur de l’information, pour un salaire maximum de 75 000 $.

Vendredi, à l’Assemblée nationale, Catherine Dorion a interpellé la ministre Nathalie Roy à ce sujet. «L’argent du programme d’aide aux médias du gouvernement Legault ne doit pas servir à payer le salaire des chroniqueurs», a rapporté l’Agence QMI.

«C’est important que les travailleurs de l’information aillent sur le terrain, qu’ils prennent le pouls de toutes sortes de milieux, de domaines, beaucoup plus qu’ils ne le font en ce moment. Mais ce n’est pas de leur faute, ils n’ont plus de ressources. Il y a moins de travailleurs, il y a moins d’argent», explique Mme Dorion.

Les chroniqueurs sont bien payés, et ils ne devraient pas être censurés, selon elle. Mais l’argent «public pour sauver les médias écrits ne doit pas aller ailleurs que dans l’information fiable, fouillée, de qualité et dans la recherche», précise la députée. 

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10 CANDIDATS CONFIRMÉS DANS JEAN-TALON

Dix personnes s'affronteront à l'occasion de l'élection partielle dans la circonscription de Jean-Talon, a annoncé le directeur général des élections du Québec, samedi.

On retrouve parmi elles, la libérale Gertrude Bourdon, candidate malheureuse dans la circonscription de Jean-Lesage lors des élections d'octobre 2018. Deux autres candidats dans Jean-Talon, la caquiste Joëlle Boutin et le péquiste Sylvain Barrette, tentent de nouveau leur chance.

Québec Solidaire, arrivé bon troisième en 2018, est représenté par Olivier Bolduc, lui-même ancien candidat du parti dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudières en 2014 et 2018.

La circonscription est une forteresse libérale, parfois ébréchée, depuis sa création en 1966. Aucun autre parti n'a réussi à y faire élire un candidat.

Au dernier scrutin provincial, l'ancien ministre de l'Éducation Sébastien Proulx avait réussi à conserver la circonscription dans le giron libéral, devançant son adversaire caquiste Joëlle Boutin par 1383 votes. Toutefois, M. Proulx a démissionné en août après avoir jonglé avec l'idée de se présenter dans la course à la direction du Parti libéral.

Le scrutin se déroulera le 2 décembre. Les électeurs pourront voter par anticipation les 24 et 25 novembre. La Presse canadienne

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