La Ville de Québec ramassera, lundi, les jouets laissés en libre-service au parc Roland-Asselin par des usagers. Une décision prise à la suite du dépôt d’une plainte par la Société de la ruelle du parc Roland-Asselin.

Limoilou: à la rescousse des jouets du parc Roland-Asselin

Des parents du quartier Limoilou veulent «sauver» les jouets du parc Roland-Asselin, laissés en libre-service par les usagers. La Ville de Québec a décidé de les ramasser dès lundi, invoquant des raisons de sécurité.

La décision a été prise après qu’une plainte ait été formulée par la Société de la ruelle du parc Roland-Asselin. L’organisme, composé de résidents habitant le long de la ruelle où se trouve le parc, en parallèle du chemin de la Canardière, s’est plaint que l’espace était devenu «un dépôt à jouets». La chose était tolérée depuis des années. 

Un avis est apparu en début de semaine à l’entrée du parc invitant les parents à ramasser les jouets, sans quoi la Ville s’en chargerait dès le 18 juin. 

Le message a tôt fait d’indigner de nombreux parents qui fréquentent ce lieu enclavé par trois ruelles, au beau milieu du Vieux-Limoilou. «[Le parc Roland-Asselin], c’est l’essence de Limoilou. La collectivité est au cœur de ce parc-là», s’est désolée Marie-Michèle Gagnon, maman d’une fillette de deux ans. Sans les jouets, «ça perdrait de son charme», a-t-elle exprimé au Soleil. 

Plan de sauvetage

Avec d’autres parents, Mme Gagnon organise samedi une collecte des jouets pour en faire le tri. Certains seront entreposés dans l’espoir que la Ville change sa décision. Bien que surprise par la plainte, Mme Gagnon a admis qu’elle avait déjà songé à proposer une corvée. «J’avais déjà remarqué que c’était en désordre dans le parc et que ça a besoin d’amour.» Personne ne prenait «le lead» de trier ou de gérer les jouets, observait-elle. 

L’avis de la Ville semble avoir suscité ce leadership. Raymond Poirier, père de deux enfants et habitué du parc, est président du Conseil de quartier du Vieux-Limoilou. À la prochaine séance, le 20 juin, il entend présenter une idée de «projet-pilote» pour conserver l’âme du parc tout en satisfaisant les exigences de la Ville et des plaintifs. 

S’il vante «la dynamique de partage» qui s’est installée au parc Roland-Asselin, forgeant «son ADN», M. Poirier convient qu’il y a lieu de «palier aux irritants». L’idée serait de «permettre [l’installation] d’un bac communautaire parrainé par la Ville et de mettre en place une structure d’autogestion» par les usagers. 

Responsabilisation

Suzanne Verreault, conseillère du district de Limoilou, a expliqué au Soleil, jeudi, qu’elle avait eu une discussion avec une responsable de la plainte. Selon elle, le problème est apparu «l’automne dernier». Des tas de jouets auraient été laissés sans qu’aucun tri ne soit fait. Il y a eu «une perte de contrôle». 

Selon Mme Verreault, la Ville invoque des raisons de sécurité pour agir, comme des jouets en mauvais état et des risques de blessures en cas de chute. Concernant le bac communautaire proposé, la Ville craindrait que des objets non désirés s’y retrouvent, comme des seringues. 

Mme Verreault partage en partie «ces questionnements» sécuritaires, a-t-elle dit. Elle croit cependant «à la responsabilisation» des parents et entendra les propositions au conseil de quartier mercredi prochain.