En entrevue dans La Presse de dimanche, l'imam Chaoui s'est défendu d'être illégal en prêchant une vision rigoriste de l'islam. Il a nié être un «agent de radicalisation».

L'imam Hamza Chaoui serait aussi bloqué à Québec

L'imam Hamza Chaoui est un «perturbateur» qui se verrait, tout comme à Montréal, refuser le droit d'ouvrir un centre communautaire islamique à Québec si jamais l'idée lui venait de s'établir dans la capitale, assure Régis Labeaume.
«S'il s'en vient à Québec, il va lui arriver la même affaire», a tranché le maire de Québec à propos du controversé prédicateur.
Lundi matin, l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve a modifié son règlement municipal pour barrer la route à un projet de centre communautaire de Hamza Chaoui.
Les élus montréalais ont bien fait et Québec ferait la même chose, a dit M. Labeaume en substance.
«Je ne sais pas ce qu'il [le règlement] permet, mais s'il s'en vient à Québec, on va s'organiser pour qu'il ne puisse pas s'installer», a dit M. Labeaume.
À ses yeux, il ne s'agit pas d'une question de règlement, mais avant tout d'une question de «principe».
«C'est le principe et après ça, on s'organiserait avec les règlements», a-t-il tranché.
«C'est un perturbateur, le genre d'individu qui crée de la haine, etc. Et je pense qu'à Québec, il ne serait pas bienvenu», a dit M. Labeaume.
Enseignement religieux interdit
À Montréal, le maire Réal Ménard et les élus de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se sont réunis dès 8h30 lundi matin pour resserrer les règles entourant les centres communautaires sur leur territoire. La modification exclut l'enseignement religieux des activités que l'on peut pratiquer dans un tel local.
Samedi, en annonçant l'imminence des changements à la réglementation de cet arrondissement, le maire de Montréal Denis Coderre avait qualifié Hamza Chaoui de «fomenteur de tensions sociales» et d'«agent de radicalisation».
En entrevue dans La Presse de dimanche, l'imam Chaoui s'est défendu d'être illégal en prêchant une vision rigoriste de l'islam. Il a nié être un «agent de radicalisation».
Il affirmait plutôt qu'il exerçait sa «liberté d'expression».
«Est-ce qu'il y a dans mes propos une incitation à la violence, par exemple?» a-t-il demandé, alors qu'appelé à expliquer ses propos controversés sur la démocratie. Il y a quelques semaines, il faisait en effet valoir l'incompatibilité «complète» entre l'islam et la démocratie, notamment parce que ce système peut mener à l'élection de représentants homosexuels ou athées. 
Avec La Presse