Un troisième lien cyclable à la manière du film «E.T.», une proposition d’Anaïs Anaïs

L’humour pour combattre un troisième lien à Québec

L’organisme Accès transports viables mise sur l’humour pour combattre le projet de troisième lien entre Québec et Lévis, qu’il considère inutile, irrationnel et indéfendable.

Alors que le bureau de projet du troisième lien tenait une rencontre politique, l’organisme a lancé vendredi sur son site la page Le Grand Délire afin de tourner en dérision le projet qui récolte, selon les plus récents sondages, l’appui de 78 % de la population des régions de Québec et Lévis.

«Jusqu’au 31 juillet 2018, Le Grand Délire vous invite à rivaliser d’ingéniosité pour proposer votre propre vision d’un nouveau lien entre Québec et Lévis. Quel que soit le format de votre idée (description textuelle, dessin, photo…), partagez-la sur Facebook ou Twitter avec le mot-clic #GrandDélire. Une tyrolienne? Une liane? Un service de traversée à dos de dauphins? Laisser libre cours à votre imagination!» peut-on lire sur la page.

À l’issue du concours, un jury sélectionnera la proposition la plus audacieuse, qui sera dessinée par un artiste professionnel et diffusée sur des produits dérivés. 

Un troisième lien cyclable à la manière du film «E.T.», une proposition d’Anaïs Anaïs

Dépense irrationnelle

«Toutes les idées farfelues pour dénoncer la dépense irrationnelle de milliards $ pour une infrastructure routière qui ne servira qu’à au mieux 4500 automobilistes, soit 0,5 % de la population de la région de Québec, sont les bienvenues. Amusez-vous! Parce que mieux vaut en rire qu’en pleurer!» indique Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables. 

«Le troisième lien, c’est une lubie! Aucun expert n’endosse ce projet comme solution pour réduire la congestion dans la région de Québec. Les arguments en faveur du projet n’ont pas de fondement scientifique et relèvent plutôt du calcul politique», affirme M. Grandmont, dont l’organisme est l’un des plus ouvertement opposés au troisième lien. 

«Nous savons que nous ne sommes pas les seuls. On sait qu’il y a des groupes qui ne sont pas d’accord, mais ils ne le disent pas nécessairement. Politiquement, Québec solidaire s’est prononcé contre et le Parti québécois préfère attendre les résultats des études avant de se prononcer. Quant au Parti libéral, le devis d’études au bureau de projet est assez large et analyse toutes les options possibles», souligne-t-il.

M. Grandmont considère aussi que le plus récent sondage montrant un appui de 78 % au projet de troisième lien est «du réchauffé». «On comprend que les gens sont tannés d’être dans le trafic et que certains médias parlent du troisième lien comme de la «solution totale». Il y a des gens de Saint-Émile qui n’utiliseront à peu près jamais un troisième lien Québec-Lévis, mais qui écoutent la radio et croient que ça va régler tous leurs problèmes».

Déjà des suggestions

Par ailleurs, les internautes n’ont pas tardé à répondre à l’appel d’Accès transports viables et à proposer des «solutions» toutes plus farfelues les unes que les autres pour un troisième lien entre les deux rives. Marie-Ève Roy propose un voyage dans un baluchon transporté par une cigogne, un autre propose «un lien routier à la manière des Hot Wheels», ces autos miniatures avec lesquelles plusieurs enfants se sont amusés.

Stéphan Gagnon propose pour sa part une réplique du pont d’Avignon alors qu’Alexandre Lambert suggère une catapulte solaire. Anaïs Anaïs, elle, verrait bien un «troisième lien cyclable à la manière du film E.T.», où le célèbre extra-terrestre faisait littéralement léviter les enfants en vélo.

Traversée à dos de canard géant, prolongation de la glissade Dufferin jusqu’à Lévis, chasse-galerie et kayaks en libre-service «Kaxi» font partie des autres «suggestions» reçues par l’organisme, sans oublier une liaison réservée aux piétons et aux cyclistes.