L’historien Réjean Lemoine a lancé jeudi, Québec-Ouest/Vanier de l’indigence à l’indépendance, un livre coécrit avec Sandra Bisson sur l’histoire du quartier Vanier.

L’histoire de Vanier par Réjean Lemoine [VIDÉO]

L’historien Réjean Lemoine a lancé jeudi un livre sur l’histoire du quartier Vanier. Coécrit avec Sandra Bisson, Québec-Ouest/Vanier de l’indigence à l’indépendance raconte de quelle manière Vanier s’est construit depuis la colonie.

Pendant la colonie, Vanier appartenait à des seigneuries, puis le territoire a été divisé pour être occupé par la bourgeoisie anglaise qui venait dans Vanier pour profiter de la verdure et du bon air à l’extérieur de la ville.

Au début du XXe siècle, dans un contexte de spéculation immobilière, on retrouve une grande présence militaire et hospitalière. Puis, pendant la crise économique des années 1930, la Ville de Québec-Ouest sert de refuge aux populations pauvres de la Ville de Québec.

«Pendant longtemps, Vanier a été considéré comme un quartier mal compris, sulfureux, où il se passait plein de choses. Il y a toujours eu un préjugé. On veut montrer que l’histoire de Vanier est riche et que ce quartier a beaucoup de valeur», explique Réjean Lemoine.

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Mise en tutelle par le gouvernement du Québec de 1933 à 1974, Québec-Ouest prend le nom de Ville de Vanier en 1966. Ville indépendante enclavée dans Québec jusqu’aux fusions municipales en 2002, elle s’est construite en développant le plus grand parc industriel de la région grâce aux taxes municipales moins chères.

Le livre parle également de l’histoire d’amour/haine entre la Ville de Québec et Québec-Ouest. «Il y avait beaucoup de chicanes. Tous les tuyaux d’aqueducs de la Ville de Québec passent sur le territoire de Québec-Ouest. La Ville de Québec refuse de payer des taxes municipales et Québec Ouest ne veut pas payer pour l’eau qu’elle reçoit de Québec. Il y a toujours eu des conflits qui montraient aussi l’écart social entre les gens de Québec et de Québec-Ouest.

Un curé autoritaire

L’un des personnages marquants de Vanier s’appelait Alfred Coté. Curé de 1933 à 1963, il était très autoritaire et contrôlait le quartier. «Il était autoritaire pour la morale, mais il venait aussi du syndicalisme catholique et il était très favorable aux ouvriers et à l’éducation», raconte M. Lemoine.

Aujourd’hui, Vanier est devenu un quartier en pleine mutation qui accueille les populations immigrantes de partout dans le monde tout en gardant son identité. «Vanier a gardé ses institutions communautaires, sportives. Il y a encore une entité propre au quartier qui se distingue par rapport au reste de la Ville de Québec», souligne l’historien.

L’image de Vanier change peu à peu avec une classe moyenne qui s’installe, mais Vanier restera toujours Vanier. «Ce n’est pas le quartier Montcalm, ce n’est pas la Haute-Ville», conclut l’historien.