L'eau s'est accumulée de façon importante à plusieurs endroits dans la région, lundi.

L'heure est au bilan après la tempête

L’Outaouais réparait les pots cassés par Dame nature, mardi.

Alors que la situation s’est améliorée à Gatineau, les environs de La Pêche et de Val-des-Monts portaient toujours d’importantes cicatrices des averses de pluies soudaines et intenses du début de la semaine.

Les résidents du parc Riviera de Gatineau ont regagné leurs domiciles.

En tout, 92 personnes se sont inscrites au centre communautaire Le Baron, où la Ville a érigé son centre d’aide pour les sinistrés. Jusqu’en fin de soirée, lundi, la municipalité a procédé à l’enrochement de la 3e Avenue, transformée en courant d’eau puissant pendant de longues heures, lundi. Des résidences des avenues voisines ont aussi été durement touchées.

Près de 50 personnes ont évacué volontairement et temporairement leurs maisons du parc Riviera.

L’Outaouais a reçu de 90 à 111 millimètres de pluie en trois jours, mais la nuit de dimanche à lundi a été fatale pour de nombreuses routes de campagne, principalement celles de la MRC des Collines.

Par ailleurs, une cinquantaine d’abonnés d’Hydro-Québec étaient privés de courant ce mardi en raison de travaux de rétablissement du réseau.

Val-des-Monts

Les routes 366 et 307 ont été durement touchées. Des tronçons inondés ont cédé sous la pression de l’eau et le glissement des couches inférieures des chaussées.

Au nord de la municipalité, les chemins suivants étaient toujours fermés, mardi, en raison de travaux de réfection. Il s’agit des chemins de la Colonie du Pouvoir — à la hauteur du chemin du Pont, du Lac-St-Germain, de la Montagne et des Rapides.

Au sud de la municipalité, la Montée Paiement — entre le chemin du Faubourg et le chemin du 6e Rang, le chemin Létourneau, le chemin Champagne — à la hauteur de la Montée Paiement (piétons seulement) et le chemin des Générations. La rue Natacha a été rouverte à la circulation.

La Pêche

Une quinzaine de routes ont été mises à rude épreuve à La Pêche. Des travaux de réparation devront avoir lieu dans les prochaines heures sur une quarantaine d’artères, mais la circulation a repris dans la majorité des secteurs. Le principal problème pour cette municipalité est le piètre état du chemin de la Montagne. Deux ponceaux de cinq pieds de diamètre ont cédé, sur la route 366 et sur le chemin de la Montagne. L’auberge Le Moulin de Wakefield, évacué lundi, a repris ses activités mardi. Un glissement de terrain sur le chemin Mill a forcé l’évacuation préventive des lieux.

Pontiac

À la municipalité de Pontiac, les endroits touchés au printemps dernier, lors de la crue historique, semblent avoir été épargnés. Plusieurs chemins privés ont toutefois été démolis par le passage de l’eau.

Mardi, les chemins Alary, Rivière, Mohr et Mulligan de la Montagne (à Chelsea) étaient toujours fermés ou en réparation.

Les travaux se poursuivaient sur la route 309, mardi, à Notre-Dame-de-la-Salette, dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Une partie de la route s’est affaissée à l’image de nombreuses autres artères de l’Outaouais, sous la force du courant de l’eau.

Une voie était fermée près du chemin des Grands Danois.

Le transport des élèves de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) a été rétabli à temps pour le retour à la maison de mardi. Des délais sont toujours à prévoir en raison des détours rendus nécessaires par l’affaissement de certaines artères durement touchées par les inondations de lundi. Le transport pourrait être plus long dans les villages de Chelsea, La Pêche, et Pontiac, prévient la CSPO.

« Si des routes, rues ou chemins ferment, indique un communiqué de la CSPO, l’élève qui ne pourra être déposé à son point débarquement habituel sera ramené à son école. »

Enfin, le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports procédera à des travaux d’urgence sur l’autoroute 50 Ouest, entre la montée Paiement et le boulevard Lorrain, à Gatineau. 

La voie de gauche sera fermée de 9 h à 17 h. La fermeture d’une voie sur la 50 Est sera nécessaire entre 9 h et 14 h. La limite de vitesse permise sera de 70 km/h. 

La date prévue de la fin des travaux peut varier selon les conditions météorologiques.

Ces travaux ne sont pas liés aux récentes inondations.

« C'EST PIRE QU'ON PENSAIT »

Val-des-Monts peine à se relever des récentes pluies torrentielles. Pas moins de 200 foyers sont coupés du réseau routier à cause des bris de chaussées sur le territoire.

« C’est pire qu’on pensait », lance le maire Jacques Laurin en faisait sa ronde du village et tentant de rejoindre des gens isolés, mardi.

Le chemin de la Colonie est amoché, et inquiète les autorités municipales. « Il y a trop d’eau qui circule, encore aujourd’hui (mardi après-midi), dit-il. On ne peut pas travailler. On parle de 200 maisons isolées en tout. »

Un « minimum » de cinq maisons lourdement endommagées pourrait être déclaré pertes totales.

Policiers et pompiers cognaient aux portes des résidences touchées pour s’assurer qu’aucune personne en danger ne soit laissée à elle-même.

« On valide leur état de santé et on les encourage fortement à quitter leurs demeures », insiste M. Laurin, expliquant les mesures d’aide mises en place pour dépanner les victimes.

La pluie soudaine a aussi ravagé la route 307, à la hauteur du chemin de l’Église. « Encore, rajoute le maire. L’eau est trop haute. On ne peut même pas inspecter. »

La situation semble cependant s’améliorer plus vite que prévu à l’Intermarché, le marchand d’alimentation du village inondé lundi.

Les routes 366 et 307 ont été durement touchées à Val-des-Monts.

LA SITUATION S'AMÉLIORE, L'INQUIÉTUDE PERSISTE À LA PÊCHE

Un mélange d’optimisme et d’inquiétude occupe l’esprit du maire de La Pêche, Robert Bussière.

Le premier magistrat était soulagé mardi, puisque la situation s’était améliorée dans les 24 dernières heures.

De nombreuses routes et résidences ont été inondées, lundi, mais le phénomène a été moins violent qu’à Val-des-Monts.

Le revers de la médaille, explique le maire Bussière, est que le genre de désastre naturel survenu lundi risque de se reproduire dans les prochaines années.

« Ces phénomènes-là arrivent de plus en plus souvent, dit M. Bussière. Quelles infrastructures installons-nous pour l’avenir ? Que faut-il faire pour régulariser les débits d’eau ? Quel quel type de ponceau utilise-t-on ? Est-ce qu’on garde les mêmes dimensions qu’avant ? »

« On attend une réponse de Québec, idéalement un décret gouvernemental pour venir en aide financière immédiate aux citoyens sinistrés. »

M. Bussière dit avoir passé son message à la ministre responsable de l’Outaouais et députée de Gatineau, Stéphanie Vallée, lundi matin.

La Pêche maintenait l’état d’urgence au lendemain de la tempête automnale. La municipalité était aux prises avec deux bris majeurs de ponceau, mardi.

La Pêche était aux prises avec deux bris majeurs de ponceau, mardi.