Nul doute que le fait d’armes d'Annie Talbot est d’avoir orchestré depuis 2010 la Grande campagne de financement du pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ, qui a permis d’atteindre l’objectif ambitieux de 33 millions $.

L’ex-pdg de la Fondation du MNBAQ devient candidate libérale

EXCLUSIF / Annie Talbot, ex-pdg de la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), et jusqu’à tout récemment directrice générale de la Fondation La Presse, représentera le Parti libéral dans Portneuf-Jacques-Cartier à l’élection fédérale du 21 octobre.

La principale intéressée en a fait l’annonce au Soleil à quelques jours de l’investiture prévue lundi et pour laquelle elle est seule en piste. Pour les libéraux, c’est une prise de choix en regard de la qualité de son curriculum vitae.

«J’ai été approchée en me suggérant que ce que j’avais accompli dans ma carrière et dans mon engagement bénévole pouvait avoir de la valeur dans la poursuite des objectifs d’un gouvernement, explique Mme Talbot. J’ai réfléchi longuement parce que c’est un engagement citoyen fondamental. Finalement, j’ai pensé que ce que j’avais fait pendant 25 ans pour servir des organisations culturelles et philanthropiques pouvait servir la communauté.»

Nul doute que son fait d’armes est d’avoir orchestré depuis 2010 la Grande campagne de financement du pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ, qui a permis d’atteindre l’objectif ambitieux de 33 millions $. 

Auparavant, Mme Talbot a travaillé au sein de la Société du Palais Montcalm, de l’Orchestre symphonique de Québec, du Festival international d'été de Québec, du Carnaval de Québec et du Musée de la civilisation. 

Gestionnaire avant tout

Bien qu’elle soit issue du milieu des arts, ses compétences transcendent les disciplines dont elle a fait la promotion durant toutes ces années. «Bien au-delà du fait que je demeurerai une amoureuse des arts, en toute humilité je n’ai aucun don. C’est mes compétences de gestion et en financement, mon sens du marketing et de la communication que j’ai mis à profit pour que ces organisations puissent réussir.» 

En octobre 2018, elle quittait la Fondation du MBNAQ pour devenir directrice générale de la Fondation La Presse. Elle a mis fin à son lien d’emploi le 31 juillet. Elle sait que cette dernière occupation professionnelle pourrait porter flanc à la critique au moment où le gouvernement fédéral a mis sur pied un comité d’experts pour définir un plan d’aide financière aux médias écrits.

«Dans ma nomination pour la Fondation, j’ai développé des programmes à caractère philanthropique. Je n’ai jamais participé, ni été impliquée ou consultée, ni été mise à profit pour les demandes de financement au fédéral», a-t-elle tenu à préciser.

«Ce qui m’a animée dans mon choix [de devenir directrice de la Fondation La Presse] est la prise de conscience de l’importance de l’information de qualité. C’est un des piliers les plus importants de notre démocratie.» 

Du travail en vue

La candidate pressentie sait qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour remporter le scrutin du 21 octobre. Le conservateur Joël Godin a gagné l’élection de 2015 avec 43,9%. Le candidat libéral de l’époque, David Gauvin, était arrivé troisième avec 21,5% du scrutin, juste derrière la députée sortante néo-démocrate, Élaine Michaud, qui avait obtenu 22%.

«Il y a un bon chemin à faire. Mais sans aucune prétention, j’ai confiance en ce que j’ai à offrir comme compétences et engagements. Les électeurs mériteraient d’avoir un représentant qui est du parti au pouvoir. Le travail d’équipe est important. Je ne serai pas seul pour relever ce défi», insiste Mme Talbot.

Elle fait un parallèle avec l’ambitieux début de campagne de financement du MBNAQ. «Au moment où on a commencé à défricher, les gens nous regardaient avec scepticisme. On a finalement réussi. J’espère qu’on me donnera la chance de faire valoir mes forces», indique celle qui est confiante de toucher les gens en gardant une «posture d’écoute».

La mère de quatre enfants de 22 à 31 ans, maintenant grand-mère d’une petite-fille d’un an, se dit fière de se présenter pour une formation qui a fait de l’inclusion une part importante de son programme. «L’inclusion, la diversité, ça inclut aussi la place des femmes. J’ai de l’expérience à offrir et un parcours qui m’a façonnée alors que je suis dans une période plus mature de ma vie», raconte la gestionnaire de 53 ans.

«J’ai hâte d’être investie lundi prochain pour aller voir les gens. Comme mère, j’ai été aidée par la communauté et par les gouvernements. J’espère pouvoir contribuer à mettre en place des programmes qui vont aider mes enfants et ma petite-fille», conclut-elle, en faisant notamment référence à la mise en place par les libéraux de l’allocation canadienne pour enfants.