L’ex-députée du Bloc québécois Suzanne Tremblay est décédée samedi à l’âge de 83 ans.
L’ex-députée du Bloc québécois Suzanne Tremblay est décédée samedi à l’âge de 83 ans.

L’ex-députée bloquiste Suzanne Tremblay n’est plus

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
L’ex-députée du Bloc québécois de l’ancienne circonscription de Rimouski-Neigette-et-La Mitis, Suzanne Tremblay, a rendu l’âme samedi à l’âge de 83 ans. Elle est décédée au Centre hospitalier régional de Rimouski des suites d’un cancer. Engagée dans la défense des droits ruraux et ardente régionaliste réputée pour son franc-parler, elle habitait à Saint-Fabien, près de Rimouski.

Les hommages n’ont pas tardé à se manifester. Quelques heures seulement après sa mort, le Bloc québécois a offert ses condoléances aux proches de l’ancienne politicienne en saluant au passage sa verve et son assurance dans la défense sans relâche des intérêts du Québec. «Nous rendons hommage à une battante, à une femme dévouée à ses convictions», a déclaré le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Le député actuel du Bloc québécois dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques ne peut s’empêcher de se remémorer sa collaboration aux côtés de Suzanne Tremblay à la Coalition urgence rurale du Bas-Saint-Laurent. «Je me souviendrai d’elle comme une femme de premier plan pour défendre notre région et elle est une inspiration en ce sens pour moi», a indiqué Maxime Blanchette-Joncas.

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale a réagi avec beaucoup d’émotion et de tristesse à l’annonce du départ de Suzanne Tremblay. «Nous perdons une grande dame, une battante, toujours dans l’intérêt des gens d’ici, a soutenu Harold LeBel. Il y a tout juste deux semaines, elle était avec moi en réunion avec le comité pour une salle d’hémodynamie à Rimouski. Lundi dernier, j’étais à son chevet avec Guy Caron et elle nous parlait des enjeux politiques de Rimouski et de la région.»

Le député du Parti québécois se souvient qu’elle était toujours active pour défendre sa région. «À ma première élection en 2014, elle ne m’avait pas appuyé. Elle voulait me passer son message à l’effet qu’un député doit défendre son monde devant la ligne du parti ou la clique du gouvernement. J’ai bien saisi le message et, lors des dernières élections, elle m’avait appuyé et elle tenait à signer mon bulletin de candidature. C’était, pour moi, un grand bonheur parce que j’ai toujours apprécié et aimé cette femme, cette militante de l’indépendance du Québec, du Bas-du-Fleuve et de la ruralité. Nous allons continuer ton combat, mon amie. Repose en paix. Tu le mérites tellement. Bien sûr, j’offre mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Suzanne.»

D’abord enseignante

Treizième d’une famille de 15 enfants, Suzanne Tremblay a vu le jour le 24 janvier 1937 à Montréal. Après des études en pédagogie à l’Université de Montréal et à l’Université Laval, elle a obtenu une maîtrise en éducation préscolaire de l’Université Tufts aux États-Unis. Elle était aussi titulaire d’un certificat en études éducationnelles de l’Université de Lyon en France et d’un certificat en soins pédiatriques de l’Université de Londres en Angleterre.

L’érudite est devenue professeure en 1970 à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), où elle a enseigné jusqu’en 1993. Pendant ses années d’enseignement à l’UQAR, elle a participé à la fondation du syndicat des professeurs et a occupé un poste au sein du conseil d’administration de l’établissement.

Longue carrière politique

Lors de la campagne électorale fédérale de 1993, Suzanne Tremblay s’est portée candidate pour le Bloc québécois dans Rimouski-Témiscouata, où elle a été élue avec une majorité de 60% des suffrages. Elle a été réélue en 1997 dans la circonscription redécoupée de Rimouski-Neigette-et-La Mitis. Elle s’est retirée un certain temps de la vie politique en 1999, après avoir reçu un diagnostic de cancer du sein qui a nécessité une intervention chirurgicale. Mais un an plus tard, elle a sollicité un troisième mandat lors des élections fédérales, où elle a été réélue. Plusieurs mandats lui ont été confiés tout au cours de sa longue carrière, dont celui de leader parlementaire de l’opposition à la Chambre des communes, où elle a été la première femme à occuper cette responsabilité. Elle s’est surtout portée à la défense des travailleurs et des défavorisés.

Femme engagée

De 2000 à 2010, elle a assumé la présidence de la Coalition urgence rurale. Alors âgée de 67 ans, Suzanne Tremblay a mis un terme à sa carrière politique en 2004 en raison de nouveaux problèmes de santé qui l’ont conduite à subir un triple pontage coronarien. Quelques mois plus tard, elle s’est présentée au poste de conseillère municipale du Bic, où elle a été défaite. Elle a ensuite été élue conseillère municipale de Saint-Fabien.

Au cours des dernières années, ses engagements ont été nombreux, dont au sein du mouvement Touche pas à ma région, de la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi et du Regroupement diocésain pour la sauvegarde de la cathédrale de Rimouski.

Mme Tremblay est devenue en 1999 Chevalier de l’Ordre de la Pléiade. En 2010, elle a reçu la médaille de l’Assemblée nationale du Québec. Puis en 2018, c’était au tour de l’UQAR de lui décerner une médaille pour sa contribution au développement régional et pour son engagement auprès des communautés rurales.