Depuis plus d’une décennie, la Ville de Lévis réclame que les 30 $ payés par les Lévisiens lors du renouvellement des immatriculations soient entièrement versés à la STLévis. En campagne électorale à l’automne, le maire Gilles Lehouillier avait perdu patience et exigé réparation.

Lévis: règlement temporaire sur les immatriculations

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) met le couvercle sur une des marmites bouillonnantes du maire de Lévis, Gilles Lehouillier. La Société de transport de Lévis (STLévis) recevra une subvention de 1,9 million $ sur deux ans à titre de compensation pour les contributions des automobilistes lévisiens au transport en commun.

C’est une réponse temporaire à une demande récurrente de la Ville de Lévis. Depuis plus d’une décennie, celle-ci réclame que les 30 $ payés par les Lévisiens lors du renouvellement des immatriculations soient entièrement versés à la STLévis. Pour le moment, la moitié de la somme prend le chemin de Québec.

Le manque à gagner est estimé à 1,3 million $ par année environ. Cela correspond à 4 % du budget qui atteint maintenant 26,4 millions $. 

Entre 2009 et 2014, le gouvernement du Québec a donné 1 million $ en compensation en attendant la révision des critères de partage des sommes versées au Fonds des contributions des automobilistes au transport en commun. Mais la subvention n’était plus versée depuis, sans qu’une solution permanente n’ait été trouvée et sans que la moindre explication n’ait été fournie par le ministère des Transports. 

En campagne électorale à l’automne, le maire Lehouillier a perdu patience et exigé réparation. Cela peut être fait sans nécessairement dépouiller le Réseau de transport de la Capitale (RTC), a-t-il insisté. 

En janvier, le président de la STLévis, Mario Fortier, y est allé de menaces de coupes dans les services car il n’était plus question pour lui d’accumuler les déficits. «Il faut arrêter de tourner en rond. On a décidé de mettre de la pression. Si le gouvernement n’est pas au rendez-vous, on va prendre les décisions qui vont avec et on le tiendra pour responsable», a-t-il balancé. 

«Iniquité»

Fin janvier, le député caquiste des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, a déposé un projet de loi pour corriger ce qu’il considère comme une «iniquité». De gros employeurs et des établissements d’enseignement de Lévis ont également appuyé publiquement la Ville de Lévis dans ses revendications. 

Les discussions ont manifestement progressé depuis. Un décret gouvernemental daté du 28 mars fait état du versement d’une subvention de 950 000 $ à la STLévis pour l’année financière 2017-2018 et autant pour la suivante «afin de maintenir l’offre de service du transport en commun sur le territoire de la ville de Lévis». 

Il n’a pas été possible d’en apprendre plus au cabinet du ministre des Transports, André Fortin, mercredi. «Une annonce sera faite en temps et lieu», s’est borné à dire son attachée de presse, Marie-Pier Richard. 

Le maire de Lévis n’était pas davantage en mesure de commenter le dossier. On sait toutefois qu’il était à la recherche d’un dédommagement pour toutes les années de 2015 à aujourd’hui et qu’il se retrouve avec deux ans non comblés et une solution toujours temporaire. 

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PLACE AUX TRANSPORTS ACTIFS

La Ville de Lévis entend développer davantage les transports actifs sur son territoire et leur faire une place de choix dans son plan de mobilité durable en cours d’élaboration. Des pistes cyclables et piétonnes en site propre sont planifiées sur le boulevard Guillaume-Couture (132) et la route des Rivières (116) avec raccordement des grands axes nord-sud pour favoriser le vélo utilitaire.

Le maire Gilles Lehouillier a convoqué la presse, mercredi, après une rencontre de son équipe de mobilité durable avec les représentants des grands générateurs de déplacements de Lévis.

Reprenant des mots qu’il a maintes fois employés, le politicien a déclaré que les discussions confirmaient «l’urgence d’agir» pour améliorer les transports à Lévis. Cela passe toujours par le transport en commun, l’amélioration des axes routiers existants et un troisième lien routier entre les deux rives, selon lui. 

À la suggestion des entreprises et des institutions consultées, M. Lehouillier a ajouté un autre volet : le développement des transports actifs. «Nous allons sur le boulevard Guillaume-Couture et la 116 nous assurer qu’on a des circuits cyclables sécurisés, entièrement hors rue. Et par la suite, le plan va contenir toutes les interconnexions qui devront être faites de façon utilitaire sur le plan nord-sud», a-t-il expliqué, identifiant notamment la route du Président-Kennedy, le boulevard Alphonse-Desjardins, l’avenue Taniata et le chemin des Îles. 

«Au niveau récréatif, on a parmi les plus belles pistes cyclables, on a fait des efforts considérables. Mais au niveau des transports actifs… On va en profiter pour ajouter dans notre plan de mobilité durable une section complète», a ajouté le maire, lui-même un grand cycliste. 

Lors des consultations publiques sur les transports qui devraient se tenir au début de 2019, l’administration Lehouillier promet d’ailleurs d’organiser une «soirée cycliste» pour recueillir les suggestions de trajets utilitaires efficaces.