Gilles Lehouillier et Réjean Lamontagne lors de l'inauguration du viaduc reliant St-Nicolas et Saint-Rédempteur.

Lévis: «enfin», un viaduc entre Saint-Rédempteur et Saint-Nicolas [VIDÉO]

«On ne fête pas une structure de béton, on fête une nouvelle qualité de vie», a lancé le conseilleur municipal du district Saint-Rédempteur, Réjean Lamontagne, à la foule rassemblée pour l’inauguration du viaduc reliant les secteurs de Saint-Rédempteur et de Saint-Nicolas, une infrastructure routière attendue depuis plus de 30 ans.

Seule voie d’accès et de sortie du secteur Saint-Rédempteur, près de 18 000 véhicules empruntent quotidiennement la route des Rivières. Le nouveau viaduc devrait permettre le transfert de 6000 à 8000 véhicules, estime la Ville de Lévis. 

Ce «deuxième lien» sera ouvert à la circulation dès dimanche.

L’inauguration suivie d’une fête familiale a permis aux citoyennes et aux citoyens de s’approprier le viaduc, selon la Ville.

Aucun dépassement de coût

Le coût du nouveau lien routier : 17 millions $, conformément aux estimations. Le projet, entièrement financé par la Ville de Lévis, a également permis d’ajouter une liaison entre la rue de Saint-Denis, le chemin Industriel et la rue du Grand-Tronc avec un carrefour giratoire.

Inscrit parmi les plus grandes priorités de la Ville depuis 2013, le viaduc devait bénéficier d’un financement du ministère des Transports à hauteur de 10 millions $, a rappelé le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Le précédent gouvernement libéral s’était alors désisté du projet. «Il nous a abandonnés à la dernière minute pour des raisons encore inconnues», a-t-il laissé tomber. 

La capacité d’emprunt d’une ville se situe à environ 65 ou 70 millions $ par année pour couvrir tous ses besoins, selon le maire. 

M. Lehouillier a précisé que la collaboration avec l’actuel ministère des Transports «s’est améliorée de 200 %». «On sent que le ministère des Transports se préoccupe davantage de la fluidité de la circulation. Le gouvernement a beaucoup plus de sensibilité aux problèmes régionaux.»

«Projet majeur»

Le viaduc au design sinueux «pour dégager les propriétés d’Hydro-Québec, du terrain de la halte routière et des propriétés privées vers l’approche sud», a expliqué l’ingénieur au dossier Gilles Lauzon, permettra également de diminuer la vitesse des véhicules. 

Il  comprend deux voies en direction nord, une voie en direction sud, en plus d’un espace pour les piétons et d’une piste multifonctionnelle bidirectionnelle, cyclable l’été et pour les motoneiges l’hiver. Malgré le désir de la Ville de favoriser le transport actif, les skieurs de fond ne pourront l’emprunter. 

L’ infrastructure routière aura impliqué quelque 110 travailleurs.

Le viaduc et ses approches surplombent la voie ferrée du CN. En raison du passage quotidien des 24 trains, l’installation des cinq poutres d’acier a été réalisée de nuit à l’aide de grues, dans un laps de temps chronométré par l’entrepreneur. 

Ce nouveau lien devrait permettre le développement de quartiers résidentiels et de diminuer l’hémorragie vers l’ouest dans les petits villages, selon le maire. La démographie dans le secteur stagnait depuis plusieurs années. La construction de 240 unités résidentielles du côté est du viaduc est d’ailleurs prévue d’ici le printemps prochain.

La deuxième étape du projet sera la transformation la rue de Bernières en boulevard urbain. Quatre voies, dont une centrale pour éviter l’attente des automobilistes lors des virages, ainsi qu’une piste cyclable pour favoriser le transport utilitaire, seront aménagées. Les travaux «de moyenne envergure» devraient débuter l’an prochain, dans un horizon de 12 à 18 mois. La route sera accessible pendant les travaux.

Travaux de finition de l’approche sud

L’instabilité du sol avait repoussé la livraison du projet, qui devait initialement être conclu en novembre. Selon la Ville, il ne resterait qu’entre 20 et 25 millimètres de tassement à compléter sur une portion de 75 mètres.