L’été 2020 parmi les trois plus chauds

Nos journées sont écrasantes et nos nuits, collantes. Avec les météorologues qui ne cessent d’annoncer des records de chaleur et les climatiseurs qui se font de plus en plus rares en magasin, l’été 2020 pourrait bien s’inscrire dans le top 3 des étés les plus chauds qu’ait connus la région de Québec, selon Environnement Canada.

Cette année, la région a sauté à pieds joints dans la saison estivale. Avant même le début de l’été météorologique (1er juin au 31 août), plusieurs canicules avaient déjà frappé le territoire.

«On observe des températures très chaudes depuis la deuxième partie du mois de mai. Il y a eu quelques vraies pauses un peu plus douces, mais on a eu au moins quatre vagues de chaleur depuis le début de l’été», explique Simon Legault, météorologue pour Environnement Canada.

Avec les étés de 2018 et de 1955, 2020 pourrait bien se retrouver dans le palmarès des étés les plus chauds. Selon M. Legault, pour la ville de Québec, on comptabilise généralement, au cours d’une année, cinq jours où la température dépasse les 30 °C. Or, en date du 21 juillet 2020, la capitale avait déjà atteint son 10e jour à plus de 30 °C. 

Cet été, on observe aussi beaucoup plus de «nuits tropicales» à plus de 20 °C, explique Francesco Pausata, professeur et directeur du programme de maîtrise en sciences de l’atmosphère à l’UQAM. 

Pourquoi fait-il si chaud?

Selon M. Pausata, spécialisé notamment en météorologie et en climatologie, l’été que nous vivons, caractérisé par de fortes chaleurs et peu de précipitations, est causé, entre autres, par un régime anticyclonique qui remonte vers la côte est nord-américaine. «Quand l’anticyclone se retire vers l’Atlantique, son front froid passe sur le Québec, puis son front chaud remonte, ce qui crée un phénomène d’oscillation [de la météo]», souligne-t-il. La masse d’air de l’anticyclone fait notamment passer les quelques nuages pluvieux au nord, causant ainsi de la sécheresse au sud et au centre du Québec. 

Un anticyclone est un «bloc de hautes pressions atmosphériques» qui pousse les masses d’air vers le sol, favorisant ainsi un ciel bleu et l’évaporation d’éventuelles précipitations. À l’inverse, un cyclone est composé de basses pressions atmosphériques qui entraînent les masses d’air vers le ciel, ce qui favorise l’humidité et l’apparition de précipitations.

Les chaleurs accablantes ne sont pas forcément causées par le réchauffement climatique, précise M. Legault. «On ne peut pas parler de réchauffement climatique pour dire que, cette année, il fait chaud. La température est variable d’année en année. Mais si on accumule toutes ces données-là, on voit qu’il y a un réchauffement. C’est indéniable», affirme M. Legault, qui précise qu’on observe une augmentation constante de la température partout sur le globe.

Bien qu’aucune donnée probante n’indique que cette «tendance à la chaleur» puisse décaler nos saisons, nos étés pourraient être plus longs et nos hivers, plus courts. «L’été ne sera pas décalé, mais il est plus long que ce qu’il était avant. Il peut maintenant s’étendre de mai à septembre. En 2017, on a observé la température la plus chaude de l’été à la fin de septembre», ajoute M. Pausata.