Le bar Le Palace

L’escalade remplace le nightlife dans l’ancien Palace

Fermé depuis 2011, l’ancien cabaret le Palace aura bientôt une nouvelle vie. L’entreprise Délire Escalade ouvrira bientôt une troisième salle dans les locaux qui abritaient autrefois la mythique boîte de nuit du boulevard Pierre-Bertrand.

Dix ans après l’inauguration de leur première salle d’escalade à Beauport, les actionnaires de Délire Escalade, Lisa Lajoie, Jean-François Beaulieu et Vincent Légaré ont annoncé mercredi qu’ils investissaient plus d’un million $ dans ce nouveau projet, qui devrait créer une vingtaine d’emplois. La construction de la salle n’est toutefois pas encore entamée puisque le propriétaire du local est toujours en attente des permis nécessaires.

Le nouvel établissement comptera, en plus des murs d’escalade, un espace café, une salle de yoga et une salle d’entraînement réservée exclusivement à ses membres.

Le nouveau local de 15 800 pieds carrés permettra à Délire Escalade d’augmenter à 28 000 pieds carrés sa «surface grimpable», ce qui en ferait le plus grand joueur dans le domaine de l’escalade intérieure au Québec. Le trio Lajoie-Beaulieu-Légaré avait aussi inauguré en 2015 une succursale à Sainte-Foy, sur l’avenue Saint-Jean-Baptiste.

Une autre entreprise appartenant à Lisa Lajoie, Délire Climbing Walls de Saint-Augustin-de-Desmaures, a conçu le design de la nouvelle salle en collaboration avec l’architecte Guillaume Marcoux. «Cela permet de faire valoir notre expertise. On a des commandes en ce moment pour l’ouest du Canada, la Californie et le Nord-Est des États-Unis», affirme la femme d’affaires au sujet de l’entreprise qui offre des services-conseils en ingénierie, conception de salles, de volumes et de matelas d’escalade.

Mythique

Jadis l’une des discothèques les plus populaires pour les oiseaux de nuit de Québec, le Palace avait connu toute une série d’ennuis avec la Régie des alcools, des courses et des jeux en plus de recevoir des centaines de contraventions durant les années 2000. Il s’était d’abord battu sans succès contre le règlement interdisant la publicité sur la consommation gratuite d’alcool, tentant en vain de faire entendre la cause par la Cour suprême.

C’est la fameuse promotion «bar ouvert» qui avait fait la réputation du Palace et qui, ultimement, aura causé sa perte. Certains soirs de la semaine, l’établissement offrait des consommations à volonté entre 22h30 et 1h30 pour la somme de 10 $ et certains produits étaient également gratuits lors des 5 à 7 du jeudi.

Alcool et violence

Le bar avait également vu son permis d’alcool suspendu à quelques reprises suite aux plaintes de commerçants voisins qui déploraient le comportement des fêtards alors que l’alcool coulait et flot. Sur une période d’un an en 2010 et 2011, on y avait rapporté plusieurs bagarres, une agression à coups de bâton de baseball, un client dans un état de coma éthylique, une serveuse intoxiquée au GHB, des vols et des méfaits.

Les portiers de l’établissement, reconnus pour ne pas détester les méthodes rudes, expulsaient une vingtaine de clients par fin de semaine et avaient aussi été impliqués dans une vingtaine d’agressions sur des clients, dont une qui aurait pu être mortelle en avril 2010. Des clients s’étaient plaints d’avoir été menottés, volés ou roués de coups de pied par les portiers. Le client qui est passé à deux doigts de la mort avait dû être opéré d’urgence et on avait dû lui implanter des vis dans la tête.

Le Palace a officiellement fermé ses portes à l’automne 2011 après une fermeture de 75 jours imposée par la Régie. Ses permis d’alcool et de loterie vidéo ont ensuite été transférés à la salle de billard Dooly’s de L’Ancienne-Lorette.