Dès 5h, une cinquantaine d’employés se sont présentés devant les installations des Pêcheries Marinard.
Dès 5h, une cinquantaine d’employés se sont présentés devant les installations des Pêcheries Marinard.

Les travailleurs des Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard manifestent

Une cinquantaine de travailleurs des Pêcheries Marinard ont manifesté, tôt vendredi, devant l’usine de transformation de Rivière-au-Renard. Selon le syndicat, l’entreprise n’en ferait pas assez pour offrir un nombre d’heures suffisant à ses employés en raison d’une mésentente entre la direction et les crevettiers sur le prix de la ressource.  

Dès 5h, une cinquantaine d’employés se sont présentés devant les installations des Pêcheries Marinard. Ils ont par la suite bloqué l’accès au stationnement de l’usine pendant un peu plus d’une heure pour faire entendre leurs revendications. L’accès aux installations était toutefois possible.

Ils demandent à la direction de trouver un moyen pour assurer des semaines complètes à ses employés, comme c’est le cas dans d’autres entreprises de transformation de la région. «Pourquoi est-ce qu’à l’usine de l’Anse-aux-Griffons, ils payent 45 heures par semaine peu importe que tu travailles temps plein ou non, et qu’ici, on a pratiquement pas d’heures ?», explique le conseiller syndical CSN, Rémi Bellemare-Caron. Le syndicat rapporte que les employés de production n’obtiennent qu’une quinzaine d’heures par semaine, ce qui ne serait «absolument pas suffisant».

L’usine de Rivière-au-Renard ne bénéficierait pas de l’aide salariale offerte aux entreprises par le gouvernement fédéral, contrairement aux autres entreprises de transformation de la région. «Il y a deux semaines, ils nous ont dit avoir fait la demande, mais depuis ce moment-là, on a plus de nouvelles. Ça commence à presser !» explique le représentant syndical.

Fermeture de l’usine pour la journée

Vers 6h45, alors que de nombreux syndiqués devaient débuter leurs quarts de travail, ils se sont butés à des portes barrées. La direction a décidé d’annuler la journée de travail en raison des perturbations. À la suite d’une discussion avec la direction des ressources humaines, le syndicat n’a pas pu assurer à ses membres que leur journée serait payée. «Les gens étaient prêts à entrer au travail. C’est une décision d’entreprise de fermer aujourd’hui, les employés ne devraient pas être pénalisés financièrement pour ça», réclame le conseiller syndical CSN, Rémi Bellemare-Caron.

Vers 8h30, la direction a indiqué au groupe qu’ils devaient quitter les lieux de l’usine et que leur rassemblement était illégal, ce que le groupe d’employé a refusé de faire. La Sûreté du Québec, qui était stationnée à quelques coins de rue de là, n’a pas dû intervenir comme les employés se sont placés directement sur le quai, un territoire fédéral.

«Trop de cadres, pas assez d’employés»

Le syndicat dénonce aussi une mauvaise gestion des ressources humaines, notamment parce que les cadres de l’entreprises n’ont pas vu de baisse dans leur nombre d’heures. «Par exemple, ce matin, il y avait 6 employés de production et 12 cadres à l’horaire. C’est pas cohérent. Ils ont pas d’argent pour payer le monde, mais il y a deux cadres par employé», déplore M. Bellemare-Caron. 

Le Soleil a été incapable de joindre la direction de l’usine des Pêcheries Ménard, qui, au moment d'écrire ces lignes n'avait pas encore commenté publiquement le dossier.