Les tempêtes printanières ne datent pas d'hier...

Il y a exactement 43 ans, Québec et l'Est de la province étaient paralysés par ce qui avait été qualifié à l'époque de «tempête de l'année» par Le Soleil. Comme quoi le phénomène de la bordée printanière ne date pas d'hier!

Quand on se compare, on se console! Même si on annonce des chutes de neige allant de 25 à 35cm d'ici jeudi, le bilan de l'actuelle tempête qui s'abat sur le Québec s'annonce nettement moins lourd que celui qui avait fait deux morts, il y a 43 ans.

À l'époque, un bambin de quatre ans était décédé dans l'écrasement de la maison familiale à la suite d'une avalanche de neige à Lévis et un jeune homme de 23 ans avait été retrouvé mort, enfoui sous la neige, au pied de la côte Gilmour, à Québec.

«Deux victimes de la tempête, des routes encombrées et impraticables, une douzaine de maisons endommagées par le vent, des milliers de personnes privées d'électricité, une circulation routières très difficile, […] des opérations de secours de grande envergure, tel est, en gros, le bilan des deux derniers jours», écrivait Roch Desgagné, en page A3 du Soleil, le 5 avril 1975.

Le cliché de notre photographe Jean-Marie Villeneuve valait mille mots à lui seul, alors que des citoyens de la basse-ville, enneigés jusqu'à la taille, tentaient de dégager leur rue à la pelle.

À Scott Jonction, des dizaines de voyageurs avaient trouvé refuge dans des restaurants, des hôtels et des maisons privées, où «on en a profité pour jouer aux cartes, se conter des histoires, et même danser, puis prendre un petit coup de blanc».

Oubliez les noces!

L'Est de la province, «isolé complètement du reste du monde pendant 24 heures», n'avait pas non plus été épargné. À La Pocatière, un citoyen avait tout de même réclamé qu'on vienne déneiger sa rue pour qu'il puisse assister à... un mariage!

«“On ne sort pas pour aller aux noces!” C'est la réponse que la Sûreté municipale de Montmagny a dû fournir, hier matin, à un automobiliste qui réclamait qu'on vienne sans faute à son secours. […] Sa supplique n'a cependant fait bouger personne, car la liste des cas d'urgence de la police de Montmagny ne comporte aucune rubrique nuptiale», écrivait, non sans humour, le journaliste du Soleil.