En vertu d'un nouveau projet-pilote à Montréal, le nombre d'heures de formation exigées par le ministère des Transports pour les chauffeurs de taxi vient de passer de 150 à 35. Le même nombre d'heures que les chauffeurs d'Uber, selon la réglementation annoncée par le ministre Laurent Lessard. À Québec, par contre, la formation demandée de 110 heures n'a pas changé.

Les taxis veulent une réduction du nombre d'heures de formation

Préoccupés par la pénurie de chauffeurs de taxi, des propriétaires et coopératives de taxi de Québec réclament un projet-pilote comme celui de Montréal réduisant le nombre d'heures de formation des chauffeurs. À l'ère d'Uber, la formation actuelle obligatoire de 110 heures rebute totalement la relève, dénoncent-ils.
«J'ai eu ma formation de taxi en 2007, et à l'époque, il fallait attendre sur une liste d'attendre pour la faire. On n'a jamais eu de problème pour recruter des chauffeurs à Sainte-Foy, mais présentement, on a beau annoncer un peu partout, les gens désertent le centre de formation», explique Hicham Berouel, propriétaire de quelques taxis à Sainte-Foy.
En vertu d'un nouveau projet-pilote, le nombre d'heures de formation exigées par le ministère des Transports pour les chauffeurs de taxi montréalais vient de passer de 150 à 35. Le même nombre d'heures que les chauffeurs d'Uber, selon la réglementation annoncée par le ministre Laurent Lessard.
À Québec, par contre, la formation demandée de 110 heures n'a pas changé, rappelle M. Berouel. Selon lui, l'écart entre les heures de formation exigées pour conduire un taxi et un Uber dans la Capitale-Nationale explique tout particulièrement la pénurie de chauffeurs de taxi à temps partiel. Le cours de 110 heures dure un mois, et quelqu'un avec un autre emploi ne peut se le permettre.
«Il y a beaucoup moins de taxis sur les routes simultanément à Québec qu'il y en avait», assure-t-il. Le service en est affecté, et l'absence de relève fait plonger le prix des permis, fixer selon l'offre et la demande. «Si Québec n'obtient pas un projet-pilote similaire, on va mourir à petit feu.»
Propriétaire de deux taxis à Québec, Serge Morneau aborde dans le même sens. «J'ai une équipe de quatre chauffeurs à temps plein, et ils ont tous au-dessus de 60 ans. Avant, j'avais aussi deux temps partiels, mais je n'ai pas réussi à engager personne depuis quatre ans. En fin de semaine, c'était peut-être la plus grosse fin de semaine de l'année à Québec, avec les traversiers, et je n'avais personne samedi et dimanche de jour», relate-t-il. Lui aussi demande que les coopératives de taxi de Québec puissent «batailler à armes égales» avec Uber.
Formation à effet inverse
La directrice générale de Taxi Laurier, Élizabeth Hamel, affirme avoir contacté le ministère des Transports, cette semaine, pour s'enquérir d'un possible projet-pilote pour Québec. «Ils m'ont répondu qu'il n'y avait rien de prévu en ce sens pour Québec. C'est un projet-pilote seulement pour Montréal.»
Or, la formation actuelle est non seulement longue, mais elle n'est plus adéquate, soutient-elle. «Les coopératives des taxis doivent former elles-mêmes leurs chauffeurs même après la formation. Quand ils sortent de là, ils ne sont pas prêts à partir tout seuls dans leur taxi.»
Alors que la formation vise à avoir des chauffeurs plus compétents, elle a maintenant presque l'effet inverse. «On perd des candidats avec de bons potentiels, des camionneurs qui sont tannés des longs voyages, par exemple, parce qu'ils sont rebutés par la formation.»
Une réunion lundi
Si Taxi Laurier s'est enquis auprès du ministère des Transports à propos d'un projet-pilote pour Québec, Hicham Berouel se questionne sur le mutisme du Regroupement indépendant des taxis de Québec (RITQ), qui représente les chauffeurs de la région auprès du gouvernement.
Or, une réunion a justement été convoquée, lundi après-midi, entre les différentes coopératives de taxi de la Capitale-Nationale pour discuter du sujet, a affirmé au Soleil, dimanche soir, Abdallah Homsy, président du RITQ.
«C'est certain qu'il y a des difficultés à recruter. Oui, il y a moins de chauffeurs. Mais on va attendre de voir ce qui va ressortir de la rencontre de demain [lundi] avant de se prononcer au nom de toutes les coops de taxi de Québec.»