«Nous, on prend le Centre Vidéotron comme notre avenir. [...] Il faut qu'on soit là, 18 000 personnes, ça prend des véhicules qui sont là. Il faut qu'on change notre mentalité pis notre façon de faire», a admis le président du RITQ, Abdallah Homsy, mardi.

Les taxis de Québec se rangent derrière Labeaume

Les chauffeurs de taxi de Québec se rangent derrière le maire Régis Labeaume, qui a critiqué vertement le service offert à l'amphithéâtre. Désormais, environ 300 détenteurs de permis seront disponibles pour vider le Centre Vidéotron les soirs de grands spectacles.
Lors d'une «discussion franche» au téléphone avec le maire de Québec, mardi après-midi, le président du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy, s'est engagé à ce que la moitié des 627 propriétaires de permis de taxi aient un véhicule sur la route quand il y a des événements importants au Centre Vidéotron. Une assemblée générale, qui pourrait se tenir samedi, confirmera cette orientation.
Au conseil municipal lundi, puis à nouveau mardi, le maire a menacé d'appuyer Uber si les taxis ne sont pas capables de combler les besoins à l'amphithéâtre. Il a rapporté les cas de clients ayant attendu leur transport pendant des heures lors des deux derniers spectacles. M. Labeaume a martelé que les taxis «ont l'obligation de donner le service». 
Trois heures
Le porte-parole des taxis a confirmé qu'il a fallu beaucoup de temps, presque trois heures, pour raccompagner tous les intéressés lors du spectacle de Pearl Jam le 5 mai, notamment en raison des bouchons de circulation. Il en a fallu la moitié moins pour Justin Bieber, samedi, grâce à un ajustement des feux de circulation sur le boulevard Wilfrid-Hamel. 
Environ 200 taxis circulaient alors dans les rues de Québec, un nombre défendu en avant-midi par le RITQ. Était-ce insuffisant? «Je suis en train d'admettre qu'on est capable de faire mieux pour les citoyens de la ville de Québec. Je suis en train d'admettre qu'on est toujours capables de s'améliorer», a répondu M. Homsy, qui n'a pas insisté sur les précédentes critiques envers le réseau routier. 
Ce dernier s'est dit par ailleurs convaincu que les chauffeurs de taxi de Québec sont capables de suffire à la tâche, tandis que Régis Labeaume critiquait leur «monopole» et flirtait avec Uber. 
Bien sûr, tout le monde ne pourra pas se planter devant le Centre Vidéotron avant la fin des spectacles. 
Il y a de la place maintenant pour 80 véhicules, mais la configuration pourrait être revue afin d'en accumuler davantage. Des zones d'attente pourraient être désignées à proximité. 
L'avenir
Environ 600 demandes de transport par taxi sont formulées quand les gradins sont pleins à craquer, selon la comptabilité de Québecor. Le temps d'un aller-retour, les lieux pourraient donc se vider. 
«Nous, on prend le Centre Vidéotron comme notre avenir. On parle d'un show qui s'appelle Justin Bieber ou peu importe, madame Céline Dion, mais aussi on vise la Ligue nationale [de hockey] comme tous les gens de la Ville de Québec. Il faut qu'on soit là, 18 000 personnes, ça prend des véhicules qui sont là. Il faut qu'on change notre mentalité pis notre façon de faire», a souligné le représentant des chauffeurs de taxi, évitant de dire si l'argument de la LNH a été évoqué par la mairie. 
Régis Labeaume a refusé de commenter sa discussion avec M. Homsy, en fin de journée. 
Le matin, il avait balayé du revers de la main l'idée de créer des navettes - autres que celles du Réseau de transport de la Capitale (RTC) qui déploie trois articulés au Centre Vidéotron en fin de soirée - car environ 25 % des spectateurs viennent de l'extérieur de Québec et séjournent à l'hôtel. 
«Les gens, ils ne veulent pas des navettes. Ils veulent un taxi pour aller à l'hôtel. On commencera pas à créer des produits que le monde veut pas», a statué le maire.