Parmi les scénarios proposés par Taxi Coop, celui d'ajouter une banderole distinctive sur les taxis de Québec, au coût de 150$.

Les taxis de Québec en quête d'une image de marque

Les taxis de Québec sont prêts à uniformiser et dynamiser le look de leurs véhicules, à l'instar de leurs collègues de Montréal qui rouleront bientôt dans des voitures deux tons. Taxi Coop teste actuellement un design minimaliste, mais distinctif, dans la capitale.
«Ça prend une image de marque pour la ville de Québec. C'est très important, c'est très visionnaire. Il faut que le monde s'associe à l'industrie de taxi, il faut que les taxis s'associent à la ville», a martelé lundi Abdallah Homsy, président de Taxi Coop 5191 et du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), au lendemain du dévoilement du concept retenu par Montréal.
Dans la métropole, les véhicules seront blancs avec le toit et le capot d'une couleur éclatante, laquelle variera en fonction de l'affiliation des propriétaires. Le mot «bonjour» sera également imprimé sur les portières. Cet habillage coûtera entre 1000 et 1500 $. La mesure, volontaire, mais fortement suggérée, doit être financée par les taxis. 
À Québec, le désir d'uniformisation est aussi bien présent et ne date pas d'hier. Le dossier a été mis sur la glace en raison de la lutte contre Uber, qui a complètement déstabilisé l'industrie du taxi. Mais M. Homsy croit nécessaire de le remettre sur le dessus de la pile, justement pour se distinguer de la concurrence. La coopérative qu'il préside - en assemblée générale et en élections cette semaine - compte en faire une priorité pour la prochaine année. 
Dans le passé, les coopératives de taxi de Québec ont proposé de privilégier l'achat de voitures noires ou gris foncé. Cela pour être «plus protocolaire» et parce que ces couleurs sont très disponibles sur le marché automobile, explique M. Homsy. Il veut maintenant s'asseoir avec la Ville de Québec pour savoir quelles sont ses attentes et développer une image de marque qui satisfasse les deux parties, en impliquant des spécialistes du marketing. Un comité formé précédemment a avorté en raison du contexte économique. 
En attendant, Taxi Coop a développé quelques scénarios avec une entreprise locale de lettrage. Le moins cher est actuellement testé sur six voitures qui se promènent en ville. Il s'agit d'une banderole carrelée de bleu et de gris et bordée de lignes jaunes, apposée sur le haut des portières et intégrant le nom Taxi Coop. Il y a, un peu plus bas, une référence à l'application mobile qui permet de commander et payer son taxi en quelques clics. Le tout coûte environ 150 $. 
Un concept plus élaboré permettrait d'afficher des images des attractions de Québec, comme le Château Frontenac par exemple, sur les portières des véhicules. Mais il faudrait pour cela obtenir des autorisations et débourser 1000 $ de plus. Un changement complet d'apparence ou de couleur coûterait autour de 1800 à 2000 $ selon les estimations reçues. 
Abdallah Homsy parle de la banderole comme d'une «première étape». Les commentaires recueillis jusqu'à présent sont positifs, dit-il, et une décision sera prise quant à une diffusion plus large, toujours sur une base volontaire. 
Celui-ci tient à ce que toutes les voitures de taxi à Québec soient de la partie quand un concept permanent aura été choisi. Seuls les lanternons seraient différents, comme maintenant. «Quand on prend l'élément financier, c'est toujours ce qui peut amener un conflit. Nous ce qu'on pense, c'est qu'il faut avoir une image et après se débattre comment amener l'argent aux membres», dit le porte-parole du RITQ. 
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a gardé ses distances face à ce dossier, lundi. Il a rappelé que des efforts ont déjà été déployés pour dynamiser l'image de la flotte de taxis de la capitale, mais rien n'a abouti. «On a laissé tomber parce qu'on demandait beaucoup trop d'argent à la Ville», a signalé l'élu, qui entend garder un oeil sur ce qui se passe à Montréal.