«C’est un épisode terrible pour les gens qui vivent là. Déjà que des inondations, ce n’est pas facile, alors imaginez en hiver», a déclaré le maire Régis Labeaume

Les sinistrés de Québec seront dédommagés comme ceux du printemps

Les sinistrés des inondations de la fin de semaine dans Duberger-Les Saules seront dédommagés par le gouvernement québécois à la même hauteur que les sinistrés des crues printanières qui ont touché plusieurs régions du Québec l’an dernier.

«Nous avons démarré le processus pour venir en aide aux sinistrés. Tout à l’heure, j’ai signé l’arrêté ministériel et les conditions financières seront à la hauteur de celles qui ont été bonifiées. Ce ne sera pas le programme général qui va s’appliquer, mais bien le programme spécifique, le même que celui des inondés du printemps. Donc, des montants qui seront beaucoup plus importants que ce qui est normalement le cas», a expliqué le ministre de la Sécurité publique, Martin Coîteux, en point de presse lundi après-midi.

Le ministre a souligné qu’il s’agissait de conditions météorologiques extrêmes comme au printemps 2017, mais que le fait que les inondations se soient produites en plein milieu de l’hiver rendait les circonstances encore plus particulières. «Je crois que la dernière fois que ça s’était produit ici, c’était en 1981», a-t-il indiqué.

M. Coîteux n’était cependant pas en mesure de chiffrer le montant total qui sera consenti aux sinistrés. «C’est difficile à dire pour l’instant parce qu’on parle d’une trentaine de résidences qui sont touchées. Mais déjà, il y a des dédommagements qui seront donnés, car des gens ont dû quitter leur maison. Des sommes pourront donc être décaissées très rapidement.»

La CAQ inquiète

Dans un autre point de presse, la députée caquiste de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, a cependant dit s’inquiéter de la possibilité que les actions du gouvernement ne suivent pas les paroles du ministre Coîteux. 

«On se souvient des inondations survenues il y a plus d’un an dans plusieurs régions du Québec. Il reste encore 150 familles qui attendent toujours d’avoir un suivi administratif, d’avoir des subventions pour reconstruire leurs maisons», a-t-elle indiqué.

«On espère ne pas revivre le même cauchemar ici à Québec pour que les gens retrouvent leurs résidences rapidement, car il y en a toujours une centaine qui n’ont pas encore de solution à leur problème. On souhaite qu’une fois que les politiciens et les médias seront partis, le traitement administratif suivra», a déclaré Mme Guilbault.

Baisse de 40%

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part indiqué que le niveau de la crue avait diminué de 40% après la fermeture des valves du barrage du lac Saint-Charles vers 1h lundi matin. Il a cependant souligné qu’il faudrait de nouveau surveiller les eaux dans la nuit de lundi à mardi parce que les valves ne pouvaient être fermées plus de 24 heures.

«La crue des eaux va remonter, mais on n’a pas le choix. On va s’assurer que l’eau passe. C’est un épisode terrible pour les gens qui vivent là. Déjà que des inondations, ce n’est pas facile, alors imaginez en hiver», a déclaré le maire, qui a rappelé qu’il résidait dans ce secteur lors des inondations de 1981.

«Là, on a trois rues touchées: Grandbois, Marivaux et Saint-Léandre. Grandbois et Marivaux, c’est “clairé” et Saint-Léandre, c’est en train de se régler. Présentement, les gens sont en train d’enlever la glace pour que les gens puissent retourner chez eux», a poursuivi M. Labeaume.

Une quarantaine de résidences ont été évacuées depuis samedi en raison de la crue de la rivière Saint-Charles.

Une quarantaine de résidences ont été évacuées depuis samedi en raison de la crue de la rivière Saint-Charles après de fortes précipitations de pluie et de neige.

Michel Therrien, coordonnateur à la Sécurité civile pour la Ville de Québec, a indiqué lundi que les résidents de 30 autres maisons avaient été prévenus qu’ils pourraient être évacués si l’eau devait continuer à monter.

M. Therrien précise que lorsqu’on brise un embâcle, ce sont alors les résidents en aval qui peuvent en subir les conséquences. Mais pour l’instant, ce danger n’est pas imminent, a-t-il conclu.

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DES SINISTRÉS SATISFAITS

Même s’ils venaient de traverser une fin de semaine éprouvante, la plupart des sinistrés de Duberger et Les Saules sont ressortis confiants de la réunion d’information organisée lundi soir par la Ville de Québec et le ministère de la Sécurité publique au Centre communautaire Les Saules.

Les représentants du ministère ont promis un remboursement de 90% des dommages et des chèques dès les premières semaines pour les besoins urgents, ce qui a su satisfaire les personnes présentes.

«J’ai vécu [les inondations de] 1981 et ce qu’on nous propose cette fois-ci, c’est beaucoup mieux car, à l’époque, ils ne payaient que les biens essentiels. Cette fois, il est question de 90% de nos pertes», explique Lucien Plante, un résident de la rue Grandbois qui doit résider chez son fils puisque sa résidence n’a plus de chauffage depuis trois jours.

En plus des dommages à sa résidence, M. Plante a une voiture et deux automobiles de collection prisonnières des glaces à sa résidence. «Il y a de la glace partout dans la cour et dans le garage de toile», explique-t-il.

Monji Assi était heureux de la rencontre lui aussi. «Le côté financier est très satisfaisant puisque j’ai un bloc-appartement et que même mon locataire sera indemnisé. Si le gouvernement paie rapidement, ce sera satisfaisant», a déclaré l’homme qui ne savait toutefois pas quand il pourrait rentrer à la maison.

Alain Roberge, qui a eu quatre pieds d’eau dans sa résidence de la rue Grandbois, a pour sa part indiqué qu’on devait lui rembourser 50% des dommages très rapidement pour éventuellement atteindre un total de 90%. «J’espère que ça va effectivement venir rapidement», a-t-il commenté.

Appréhender le pire

Fatigués et encore sous le coup de l’émotion, Michèle Girard et Jacques Poulin n’ont pas encore remis le nez chez eux, mais ils appréhendent le pire. «L’un de nos voisin a eu quatre pieds d’eau et l’autre, sons sous-sol en entier est fini», indique M. Poulin, qui est tout de même confiant pour la suite des choses. 

«On nous a dit que de l’argent pourrait être avancé très rapidement, notamment pour remplacer notre système de chauffage», indique Mme Girard, qui loge présentement chez sa sœur avec son conjoint.

Le député libéral de Vanier-Les Rivières, Patrick Huot, qui assistait aussi à la réunion d’information, a juré qu’il s’assurerait que les sinistrés soient compensés dans de courts délais.

«Je crois qu’on a appris du printemps 2017. Car même si on entend encore parler de cas plus complexes, il y a quand même 110 millions $ qui sont déjà sortis. Ici, avec 50 résidences et 70 personnes sinistrées, ça devrait aller assez vite», a-t-il conclu.