Les protestations de militants écologistes, d’élèves et de professeurs n’auront pas fait plier les autorités municipales qui vont de l’avant avec l’agrandissement d’un stationnement.

Les scies à chaîne à l’œuvre au boisé De Rochebelle [VIDÉO]

Les émondeurs ont coupé vendredi certains des arbres du boisé encadré par l’école secondaire De Rochebelle et le centre sportif de Sainte-Foy.

Les protestations de militants écologistes, d’élèves et de professeurs n’auront pas fait plier les autorités municipales qui vont de l’avant avec l’agrandissement d’un stationnement. 

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«Au moins, on aura essayé tous ensemble», laisse tomber la présidente de Québec Arbres, Johanne Elsener. «C’est vraiment désolant. Je ne comprends pas qu’on sacrifie le bien-être des étudiants pour quelques places de stationnements.»

Malgré les scies à chaîne déjà à l’œuvre en matinée, Mme Elsener ne perdait pas espoir que les élus changent leur fusil d’épaule : «On rêve toujours d’une intervention pour protéger ce boisé qui est extrêmement précieux et important.»

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Gardienne autoproclamée du boisé, la citoyenne Ginette Paquin se dit «dévastée». Elle soutient s’occuper «intensément» du milieu naturel depuis 2012. «J’y viens régulièrement, été comme hiver en raquettes, une fois par semaine pour vérifier qu’est-ce qui se passe.»

Au fil des ans, elle a interpelé à de nombreuses reprises la Ville. Notamment lors du conseil municipal du 6 juillet 2015, tel que le raconte le procès-verbal de la réunion : «Dépôt, par madame Ginette Paquin, d’une pétition de 113 signatures, relative à la conservation du boisé De Rochebelle sur le plateau centre de Sainte-Foy». Mme Paquin avait alors compris que le maire Régis Labeaume promettait de préserver les arbres.

«C’est une oasis de verdure pour tout le monde», évalue-t-elle. «[C’est] un boisé qui a une diversité tellement importante, non seulement en arbres, mais en bosquets, en fleurs, en toutes sortes de plantes que vous pouvez découvrir à l’intérieur. C’est extraordinaire. Il y a juste les hommes politiques qui semblent ne pas voir ça. Les hommes et les femmes politiques. Et particulièrement l’Équipe Labeaume.»

Au cours de la dernière semaine, un groupe d’élèves de l’école secondaire avait aussi pris position contre l’expansion du bitume, rapportait récemment la collègue Judith Desmeules dans les pages du Soleil : «On est contre ce projet-là, on ne pense pas que c’est une bonne idée pour l’environnement.»

«Nous sommes dévastés par la nouvelle. Nous voulons vraiment préciser que ce boisé-là est très important», affirmait Hubert Jacob-Tardif, le coprésident de l’écocomité, finissant de cinquième secondaire. «C’est un endroit extraordinaire pour aller se reposer, prendre l’air et vivre de la nature de Québec qui est de plus en plus rare. C’est très difficile de reboiser. Même s’ils coupent une petite partie, les arbres en arrière ne pourront supporter le vent et le soufflage de neige en hiver. Ce qui est aberrant, c’est qu’on coupe ces arbres-là pour quelques places de stationnement».

Quelques dizaines d’enseignants s’étaient également réunis jeudi pour demander le renversement de la décision. Daniel Champagne, porte-parole de l’Association des professeurs retraités de l’école De Rochebelle déclarait à ICI Radio-Canada : «C’est le monde à l’envers. On est rendu qu’on coupe des arbres pour agrandir le stationnement. […] Aujourd’hui, dans les années 2000 et 2020, on ne coupe pas les arbres, on les plante». Avec la collaboration de Frédéric Matte