La foule, composée de visiteurs d'un peu partout en Amérique du Nord, s'est massée dans la rue Saint-Joseph afin de célébrer l'ouverture de la nouvelle église de scientologie, hier.

Les scientologues convergent à Québec

Deux rideaux de toile cirée isolaient la cérémonie d'inauguration de l'église de scientologie «nouvelle génération» de Québec, dans la rue Saint-Joseph, hier. La foule d'adeptes, venus de partout en Amérique du Nord, était dense devant l'immeuble. Une demi-douzaine de manifestants masqués du groupe Anonymous montraient leur désaccord à l'entrée du carré de toile, rappel de la controverse qui a toujours entouré le mouvement, encore considéré comme une secte en France.
Une demi-douzaine de manifestants masqués du groupe Anonymous ont montré leur désacord lors de l'inauguration de la nouvelle église de scientologie, à Québec.
Préparation de la scène extérieure pour l'ouverture de l'église de scientologie de Québec
Sitôt terminé le petit spectacle de France D'Amour et les discours officiels, les nombreux fidèles et les quelques curieux ont pu traverser le peloton de journalistes cosmopolite et satisfaire leur curiosité. Les intéressés ont même pu mettre la main sur un livre souvenir... à 566,50 $. «C'est bien peu pour avoir accès à toutes nos ressources [livres, internat, DVD, etc.] pendant six mois», plaide tout sourire un employé de l'église, en insistant sur la qualité de la couverture en cuir, frappée de fleurs de lys, de l'édition spéciale du livre culte de «Ron» Hubbard, La dianétique : la puissance de la pensée sur le corps.
«Nous avons tous contribué», répond une scientologue torontoise, interrogée sur ses motivations à participer à l'inauguration. Impliquée depuis 25 ans, avec ses enfants, amis et relations, la dame voyait la rencontre comme une grande fête de famille.
On se serait effectivement cru sur le parvis d'une église de village, sauf que ce sont des Montréalais, des Californiens, des Ottaviens, qui se saluent et s'étreignent. Beaucoup d'enfants et d'adolescents dans les rangs. C'était jour de fête pour la famille élargie de la scientologie et jour de récompense pour les membres de l'organisation, fiers de faire visiter leur nouveau lieu de culte de 6 millions $.
De visu
Le rez-de-chaussée de la nouvelle église est une sorte d'exposition permanente et multimédia sur les ouvrages, la vie et les principes du fondateur. Le grand public peut y accéder pour passer le «fameux» test de personnalité gratuit et y suivre des formations de base. Il y a une chapelle et, même, un café, accessible par l'entrée Charest.
Les bureaux administratifs, d'autres salles de formation et une seconde bibliothèque, plus luxueuses, sont aménagés au sous-sol. Des questionnaires «urgents» incitent les scientologues à devenir permanents dans l'organisation. À en juger par les multiples et énigmatiques ramifications de l'organigramme qui orne le mur central, les possibilités de carrière sont infinies...
Au troisième étage, l'académie - ici on ne parle plus de formation, mais de véritable système éducatif avec des critères et des notes - et les salles d'audition. En groupe ou en tête à tête avec un auditeur de l'église, les élèves pourront s'y confier, branchés sur les électromètres (des appareils qui mesurent les changements émotionnels), bien en vue et flambant neufs.
Nulle trace du bureau fantôme réservé au fondateur, ni du sauna... Visiblement, certaines zones ne seront réservées qu'à quelques élus.