Selon Moisson Québec, 36 853 personnes différentes ont recours à l'aide alimentaire chaque mois, une hausse de 4 %. Mais l'organisme a subi une baisse de son approvisionnement de l'ordre de 8 %.

Les salariés de Québec bien plus nombreux qu'ailleurs à recourir à l'aide alimentaire

Le plein emploi, ça ne nourrit pas nécessairement son homme. L'organisme Moisson Québec le sait puisque 25 % des personnes ayant recours à l'aide alimentaire dans la capitale ont des revenus découlant d'un emploi, alors que le pourcentage n'est que d'un peu plus de 10 % pour l'ensemble de la province.
«C'est vraiment beaucoup plus haut à Québec», avoue Élaine Côté, directrice générale de Moisson Québec. «Même si on dit souvent que Québec a atteint le seuil du plein emploi, on oublie souvent de vérifier la qualité des emplois créés.»
Mme Côté fait référence à la multiplication des emplois à temps partiel, sur appel ou aux personnes qui sont forcées de devenir des travailleurs autonomes pour expliquer la hausse vertigineuse des travailleurs qui doivent se résoudre à demander de l'aide alimentaire.
«Ce phénomène n'existait pas il y a 20 ans. Pour ces gens, quand il y a un imprévu ou une perte de contrat, ils n'ont pas d'assurance-chômage et se retrouvent plus à risque. Il y a des travailleurs autonomes qui touchent un revenu qui leur permet de vivre, mais s'ils tombent malades, ça crée une instabilité.»
La directrice générale de Moisson Québec ajoute également que le salaire minimum ne permet souvent pas aux travailleurs de sortir de la pauvreté. «Quand la voiture lâche ou que le frigo brise, par exemple, ça peut prendre plusieurs mois avant de s'en sortir pour quelqu'un qui est au salaire minimum.»
Et même si Québec est une région économiquement plus forte, les demandes d'aide alimentaire y sont également à la hausse comme ailleurs dans la province. Selon les données de Moisson Québec, ce sont 36 853 personnes différentes qui ont recours à l'aide alimentaire chaque mois, une augmentation de 4 %. Ces personnes y ont également recours plus souvent puisque le nombre de services rendus a, lui, augmenté de 17 %.
Moisson Québec calcule aussi que 36 % des bénéficiaires sont âgés de moins de 18 ans, un chiffre légèrement plus élevé qu'ailleurs au Québec. 
Approvisionnement
Pendant ce temps, Moisson Québec, qui recueille les denrées qui sont ensuite redistribuées à 128 organismes d'aide alimentaire, subit toujours des baisses de son approvisionnement. «Nous avons recueilli 8 % moins de denrées en 2015-2016 que l'année précédente, où on avait aussi noté une baisse, alors on est toujours en situation d'urgence», indique Élaine Côté.
Le fait que les entreprises agroalimentaires améliorent leur productivité et leur efficacité a un effet direct sur Moisson Québec. «Elles ne sont pas moins généreuses, mais elles ont moins de surplus de production, moins d'erreurs de production et, donc, moins de denrées à donner», poursuit Mme Côté.
Pour remédier à cette situation, Moisson Québec, dont les fournisseurs sont surtout les grands entrepôts, essaie dorénavant de développer une présence accrue auprès des détaillants comme Metro, IGA et Provigo qui sont de plus en plus sollicités directement par l'organisme.