Les revendications de Téo Taxi sèment l'inquiétude

Le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) s'inquiète des demandes de déréglementation faites par l'homme d'affaires Alexandre Taillefer, propriétaire de Téo Taxi, même si celles-ci s'appliquaient à toute l'industrie.
Comme il l'avait affirmé au Soleil le 24 avril, M. Taillefer réclame que le gouvernement laisse les chauffeurs de taxi pratiquer leur métier avec en poche seulement leur permis de conduire de classe 4 C (taxi et limousine) et qu'il retire l'obligation de posséder un permis de chauffeur de taxi, appelé pocket number dans le jargon du métier, qui coûte 1500 $ et nécessite une formation. Les chauffeurs de la multinationale Uber jouissent déjà de ce privilège.
«Nous sommes contre cette déréglementation, et ce, même si elle s'appliquait à toute l'industrie. Sans pocket number, il n'y a plus de vérification des antécédents judiciaires et plus de formation. Alors les chauffeurs font quoi s'ils ne sont pas formés pour le transport adapté ou les personnes âgées? S'ils n'ont pas les connaissances minimales de la ville?» déplore Abdallah Homsy, porte-parole du RITQ.
«Notre inquiétude, c'est que le gouvernement continue d'abandonner des règlements pour en arriver à une déréglementation totale», poursuit-il, ajoutant que cela ne profiterait pas à l'industrie et serait dommageable pour les clients.
«On n'a qu'à penser aux vérifications mécaniques. On n'en oblige maintenant qu'une seule par année plutôt qu'une aux six mois, mais les chauffeurs paient 110 $ pour une vérification plutôt que 55 $ deux fois. On n'a pas économisé un sou, mais on a diminué le cadre sécuritaire», poursuit M. Homsy.
Changement imminent?
Le RITQ s'inquiète aussi de certaines déclarations récentes d'Alexandre Taillefer à l'effet qu'il aurait obtenu confirmation du ministère des Transports que ce changement réglementaire et un autre qui permettrait à Téo Taxi d'exploiter plus que 110 véhicules seraient autorisés d'ici le 15 juin.
Au bureau du ministre des Transports, Laurent Lessard, son attaché de presse Mathieu Gaudreault n'a toutefois pas confirmé cet échéancier. «Nous sommes au courant des demandes de Taxelco [la société mère de Téo Taxi] dans le cadre du projet-pilote et il y a des discussions et des analyses qui sont faites dans un cadre plus global, pour tester des mécanismes afin de moderniser l'industrie du taxi», a-t-il indiqué, ajoutant que le bureau du ministre était en contact régulier avec Taxelco.
«Le but n'est pas de créer des cas d'exception, mais bien de vérifier si des mesures qui fonctionnent pour un certain groupe ne pourraient pas être étendues à toute l'industrie», conclut M. Gaudreault.