La résidence Louis XIV, à Québec, est membre de l'Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec.

Les ressources intermédiaires s’entendent avec Québec

Après des semaines de négociations intensives, l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) a finalement conclu avec Québec le renouvellement de son entente nationale, échue depuis près de trois ans.

La nouvelle entente de 2,5 milliards $ (500 millions $ par année pendant cinq ans) tient notamment compte du supplément lié à l’augmentation du salaire minimum. Elle octroie également un fonds pour la formation des préposés aux bénéficiaires, en plus de prévoir de l’aide pour les petites ressources de neuf places et moins qui hébergent des clientèles lourdes.

«Les membres ont accepté cette entente valide pour cinq ans, soit jusqu’en 2020. Ils ont besoin d’argent, et je pense que le fait qu’il ne reste que deux ans à l’entente a pesé dans la balance. Pour nous, c’est un pas de fait vers l’amélioration des conditions d’exercice des ressources intermédiaires, mais il reste encore du chemin à faire», a commenté au bout du fil lundi la directrice générale de l’ARIHQ, Johanne Pratte.

«On demandait que l’augmentation accordée à nos membres soit proportionnelle à la progression du salaire minimum. En moyenne, le salaire moyen en ressource intermédiaire est de 13 $ l’heure. L’augmentation qu’on a obtenue équivaut en moyenne à 75 % ou 80 % de la progression du salaire minimum», précise Johanne Pratte.

La pénurie de préposés aux bénéficiaires affecte durement les ressources intermédiaires, rappelle Mme Pratte. Leurs principaux compétiteurs sont les CHSLD, où les préposés sont payés jusqu’à 10 $ l’heure de plus pour moins de responsabilités. «L’attraction et la rétention de personnel dans les ressources intermédiaires, c’est un problème qui n’est toujours pas réglé. On n’est toujours pas compétitif», souligne la directrice générale de l’ARIHQ, qui se réjouit néanmoins de la création d’un fonds pour la formation des préposés aux bénéficiaires.

Problèmes structurels

Il faudra par ailleurs s’attaquer plus sérieusement au «problème structurel» qui affecte les petites ressources intermédiaires, qui hébergent souvent une clientèle en déficience intellectuelle, mentionne Johanne Pratte. «On est venu les soulager un peu en augmentant le financement pour certains profils de gens qui y sont hébergés, mais il faut travailler plus», dit celle qui prépare déjà la négociation pour le renouvellement de la prochaine entente. 

Les ressources intermédiaires sont une voie privilégiée par le gouvernement pour désengorger les hôpitaux. Plus tôt en janvier, Québec a ajouté 23 millions $ à une précédente enveloppe de 100 millions $ afin de mettre la main sur 350 places d’hébergement supplémentaires. 

Un lit en centre hospitalier coûte 1200 $ par jour, une place en CHSLD, 300 $, et un lit en ressource intermédiaire, 108 $. En 17 mois, soit entre le 1er janvier 2016 et le 1er août 2017, il s’est ouvert pas moins de 1083 places dans ces ressources d’hébergement, dont 80 % sont destinées aux personnes âgées en perte d’autonomie.