Le MTQ ne prendra pas de pause dans son exploitation des radars photo.

Les radars photo demeurent en service malgré tout

Le ministère des Transports du Québec n'a pas cessé d'exploiter les radars photo depuis le jugement Cimon, le 28 novembre, et l'opération des appareils continuera comme à l'habitude dans les prochaines semaines. 
«Il n'est pas question ici de la légalité des radars photo, mais bien de la présentation de la preuve. Les opérations continuent sur l'ensemble du territoire», a expliqué au Soleil la porte-parole du ministère des Transports (MTQ), Dominique David. 
Jugeant que la question de la légalité de la preuve n'est pas de son ressort, le MTQ ne commentera pas précisément la décision de la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de ne pas porter le jugement Cimon en appel.
Rappelons que le juge Serge Cimon, de la Cour du Québec, a tranché, le 28 novembre, que la preuve fournie par les radars photo en Cour était «inadmissible et illégale». «Les radars photo sont là pour rester», avait néanmoins affirmé le ministre Laurent Lessard, quelques jours plus tard.  
Mercredi, le porte-parole du DPCP, Me René Verret, a confirmé que les policiers se conformeraient à la loi en adaptant leurs pratiques. «Ils vont apporter des ajustements», a également assuré Mme David, du MTQ.  
Du propre aveu de l'avocate Camille Taillefer, qui a eu gain de cause le 28 novembre, il existe des solutions pour produire une preuve qui pourra être admise en Cour lors de constats émis par un radar photo. 
Elle voit cependant mal comment, au lendemain du jugement, les policiers pourraient déjà avoir réussi à modifier leur façon de faire en ce sens. «Il y a certainement un risque dans les prochains jours ou les prochaines semaines d'émettre des constats de la même façon fautive qu'ils étaient émis auparavant.»
Or, le MTQ ne prendra pas de pause dans son exploitation des radars photo, assure Dominique David. 
La situation pourrait-elle mener à une quantité importante de constats émis sans preuve légale pour les appuyer, et donc facilement contestable en Cour?
Le MTQ s'abstient de commenter cette éventualité. «Mais il faut comprendre que le but premier des radars photo, ce n'est pas d'émettre des constats. C'est d'inciter les automobilistes à modifier leur comportement dans certains secteurs.», explique Dominique David.