Une consultation publique sur la discrimination organisée par le Centre R.I.R.E. a eu lieu au Palais Montcalm, dimanche après-midi.

Les «Québécois de souche», grands absents d'une consultation publique sur la discrimination

Le directeur général du Centre R.I.R.E. Benoît Songa, souhaitait que les immigrants de Québec participent en grand nombre à la consultation publique sur la discrimination organisée par son organisme, dimanche. Il n’a pas été déçu. Mais les grands absents étaient ceux de la société majoritaire, qu’il appelle les «Québécois de souche».

«C’est dommage quand la société majoritaire n’est pas représentée», a réagi M. Songa, qui avoue ne pas pouvoir faire grand chose de plus pour attirer les Québécois nés au Québec à un événement semblable qui encourage «l’ouverture vers l’autre». 

M. Songa se désole qu’une telle sous-représentation de la proportion majoritaire de la population envoie le message que seuls les immigrants se sentent concernés par les problèmes de racisme et de discrimination. Il espérait un auditoire plus représentatif de la société québécoise. 

«On dirait que ça reste le problème des immigrants, mais ça devrait être le problème de tout le monde», a défendu l’homme originaire de la République démocratique du Congo, qui vit au Québec depuis maintenant 30 ans. «La discrimination des immigrants, c’est une problématique sociétale qui n’appartient pas juste aux politiciens. On doit se sentir interpellé nous tous!», a-t-il lancé. 

À ses yeux, les lois, règlements et autres tentatives gouvernementales ne constituent pas à eux seuls la solution aux problèmes rencontrés par les immigrants issus des communautés culturelles. La discrimination vécue par certaines personnes doit se combattre par l’éducation de ceux qui ont «peur de l’autre», a défendu M. Songa. «Il faut aussi que les gens fassent quelque chose dans leur milieu, qu’ils s’impliquent», a-t-il ajouté au sujet des nouveaux arrivants qui vivent toute forme de xénophobie. 

La route vers une société plus ouverte n’est pas droite et sans obstacle, prévient le directeur général de R.I.R.E. 2000, un organisme de Québec qui oeuvre à l’intégration socioéconomique des immigrants. Si Benoît Songa ne s’explique pas l’absence des «Québécois de souche» à la consultation publique, il tient à rappeler que ceux-ci doivent se sentir concernés par les problèmes de racisme et de discrimination. 


C’est dommage quand la société majoritaire n’est pas représentée», a réagi M. Songa, qui avoue ne pas pouvoir faire grand chose de plus pour attirer les Québécois nés au Québec à un événement semblable qui encourage «l’ouverture vers l’autre
Le directeur général du Centre R.I.R.E. Benoît Songa

La table ronde sur ces question qui avait lieu dimanche après-midi, au Palais Montcalm, avait pour objectif d’explorer des pistes de solutions aux problèmes d’emploi rencontrés par les immigrants. 

«Ce n’est pas vous la victime»

L’un des trois panéliste, le vice-président aux affaires économiques et à l’entrepreneuriat du Conseil panafricain de Québec, Frank Eboa, y est allé d’un vibrant message adressé aux membres du publics qui ont rencontré des défis sur le marché du travail. 

«Quelqu’un qui vient avec une attitude xénophobe, rappelez-vous que ce n’est pas vous le problème, que ce n’est pas vous la victime. Il faut demeurer calme, il faut prendre les choses avec beaucoup de recul». 

M. Eboa a insisté sur la différence à faire entre le racisme et la xénophobie. «Le Québec n’est pas une société raciste», du moins pas plus que les autres sociétés, a-t-il défendu. Il existe cependant des individus xénophobes, qui entretiennent une peur irrationnelle de l’autre, avance-t-il. 

«Il faut voir les solutions sous un angle socioéconomique. Lorsqu’on parle de solutions [aux problèmes de discrimination], tout part d’abord de l’individu, avec sa propre éducation et sa propre de vision de monde.» 

Un homme du public a pris le micro pour souligner le manque d’objectifs clairs du gouvernement en matière de réduction de la discrimination. «Il y a un manque de cibles claires parce qu’il existe bel et bien un problème dans le secteur de l’emploi. Il faut des politiques et des responsables du suivi de ces politiques», a-t-il martelé. 

La consultation de dimanche avait lieu afin de produire un rapport en vue du Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination, instauré par le gouvernement Couillard.