Le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur national de la Santé publique Horacio Arruda à Québec, jeudi
Le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur national de la Santé publique Horacio Arruda à Québec, jeudi

Les problèmes de dépistage fâchent le ministre Dubé [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«Je n’aime pas la qualité de notre service. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça.»

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, a exprimé toute son insatisfaction face au service de dépistage de la COVID-19 offert en ce moment à plusieurs endroits dans la province. Les longues files d’attente avant d’être testés en découragent plusieurs, alors que les plus tenaces doivent souvent prendre leur mal en patience pendant plusieurs jours avant d’obtenir leur résultat.

«On n’est pas bons pour gérer les files d’attente», a d’emblée constaté le ministre Dubé, jeudi après-midi, disant qu’un système de coupons pourrait au moins réduire le temps que chaque personne passe sur place avant de se faire tester.

«Ensuite, on doit accélérer l’analyse en laboratoires, je suis en faveur de recourir à plus de labos privés. Puis comment se fait-il qu’un hôpital comme le Jewish à Montréal est capable de donner les résultats par texto et qu’on ne fait pas ça du côté francophone? Pourquoi? Il y a aussi le manque d’infirmières, qu’il faut déplacer d’autres services qui vont en souffrir. Alors je suis très content qu’on ait amélioré la quantité de tests, mais le niveau de service actuel n’est pas acceptable. Je n’aime pas la qualité de notre service. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça», a martelé M. Dubé, lors d’un point de presse tenu en compagnie du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Tests pas tous nécessaires

Point de presse où le ministre de la Santé a détaillé davantage la stratégie d’alerte régionale déployée en quatre paliers de couleurs, alors qu’aucune des huit régions jaunes déjà placées en préalerte ne passe encore à l’orange.

Le nombre de tests de dépistage à la COVID-19 effectués mardi s’élève à 23 752. Deuxième derrière le sommet quotidien de jeudi dernier, à 24 887. «C’est signe que les Québécois ont entendu notre appel», se réjouit le ministre Dubé, à propos des avertissements d’une possible deuxième vague de contagion lancés ces derniers jours par lui et son patron, le premier ministre.


« Ça chauffe, ça chauffe! Est-ce qu’on va aller à l’ébullition? Woups! Tout à coup, on met de l’eau froide, puis ça rebaisse »
Dr Horacio Arruda

Le premier ministre Legault a même évoqué la cible de 35 000 tests par jour. «Quand le premier ministre vise 35 000, il veut se préparer aussi dans une perspective d’une deuxième vague», explique le Dr Arruda.

Le sous-ministre et médecin met aussi dans la balance que certaines personnes vont se faire tester sans en avoir la nécessité absolue. «Il y a des gens qui viennent se présenter, puis qui n’ont pas nécessairement de symptôme ou même pas de contact. Il y en a qui se font tester même avant d’aller à une fête pour s’assurer qu’ils sont négatifs. Ça, il faut faire attention parce qu’il peut être négatif puis revenir positif le lendemain matin», souligne M. Arruda.

«Ça chauffe, ça chauffe!»

Les régions de Québec, du Bas-Saint-Laurent et de Montréal sont encore proches de la zone orange d’alerte modérée, ont confirmé les deux hommes. Niveau d’alerte où plusieurs restrictions seraient ravivées.

Mais la situation est «stable» depuis deux jours, assure le ministre Dubé. La Santé publique a donc décidé de ne pas hausser le niveau d’alerte dans aucune des huit régions déjà en préalerte ou jaunes.

«Ça chauffe, ça chauffe! Est-ce qu’on va aller à l’ébullition? Woups! Tout à coup, on met de l’eau froide, puis ça rebaisse», illustre le Dr Arruda, dans le langage qu’on lui connaît.

L’idée est de déceler une tendance sur plusieurs jours et d’éviter de réagir «sur un pic», continue le coloré scientifique, qui parle plus des hausses actuelles en termes de «vaguettes» que de deuxième vague. Rebrousser chemin dans le code de couleurs peut s’avérer périlleux, surtout que des changements trop réguliers du niveau d’alerte risquent de causer une rupture avec la population.

«Si jamais on a besoin de passer au palier orange dans les prochains jours, nous allons le faire, assure le ministre Dubé. Mais ce serait tellement l’fun de retourner une ou deux zones au vert dans prochaines semaines. J’aimerais ça avoir des bonnes nouvelles dans les prochains jours», conclut M. Dubé.

Si aucune région ne change de niveau d’alerte pour l’instant, certaines mesures supplémentaires sont prises par le gouvernement. Comme l’interdiction de vendre de l’alcool après minuit autant dans les bars, élément déjà annoncé mardi, mais aussi les restaurants et les microbrasseries.

Vendredi matin, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, annoncera de nouveaux outils mis à la disposition des policiers pour mieux faire respecter les consignes sanitaires en zones jaunes ou bientôt orange. Elle sera accompagnée des représentants des principaux corps policiers au Québec.

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