L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador juge «extrêmement préoccupant» le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana.

Les Premières Nations inquiètes de la légalisation du cannabis

L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) juge «extrêmement préoccupant» le projet de loi fédéral sur la légalisation de la marijuana et tiendra mardi à Québec une rencontre avec les chefs des communautés pour discuter de la question.
«La date de tombée est juillet 2018 avec des incidences qui ont différents visages, tant au niveau des communautés qu'en dehors des communautés. Il y a le contexte médical, mais il y a le contexte social et économique», fait valoir le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, pour expliquer la tenue de cet événement orchestré par la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador
«Tout ça fait partie d'un tout et ce sont des questions qui méritent d'être discutées», poursuit-il, peu bavard sur le détail des sujets qui seront abordés lors de cette journée de réflexion. «Il y a des incidences, des impacts, des conséquences», s'est contenté de répéter M. Picard.
Comment appliquer la loi?
Le volet de l'application de la loi sur les territoires des Premières Nations est néanmoins incontournable, admet-il, ajoutant que certaines communautés ont déjà laissé savoir qu'elles n'avaient pas l'intention d'implanter chez elles ce qui serait décidé à Ottawa et à Québec. 
C'est notamment le cas des Mohawks d'Akwesasne et de Kahnawake, qui dans La Presse la semaine dernière, ont dit avoir l'intention d'adopter leur propre législation afin de réglementer la production et la distribution de la marijuana. 
Ghislain Picard s'attend à ce que la majorité des 43 chefs de l'APNQL soient présents mardi alors que les médias ne sont pas conviés. Il ne veut pas non plus se prononcer sur l'issue des discussions, à savoir notamment si ceux-ci pourraient par exemple déboucher sur une position commune.
Libertés individuelles 
Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, sera du rendez-vous. D'emblée, il dit vouloir respecter les libertés individuelles des habitants de la réserve de Wendake dans le dossier de la légalisation du cannabis. 
«On va faire le tour de notre monde», a-t-il cependant indiqué, puisqu'il est selon lui important de prendre des décisions pour l'intérêt de la collectivité. 
M. Sioui croit que de nombreuses «zones d'ombres» persistent dans le projet de loi. «Ça peut être un gros malaise dans les communautés. Par exemple, qui va contrôler ça et comment? questionne-t-il. Et ça va être quoi ici? On va en vendre dans les dépanneurs?»
Le grand chef de Wendake rappelle avoir déjà dit non à un projet d'association avec une entreprise ontarienne de production de marijuana médicale, DelShen, dont le président du Groupe Capitales Médias Martin Cauchon est actionnaire et ce, «même si l'appât du gain était intéressant.»